Ce n'est que partie remise pour André Ceuterick. Le programme belge envisagé pour l'édition 2020 du festival de Carthage a été annulé en raison de la pandémie. Le projet devrait cependant voir le jour l'an prochain, sous la houlette du Montois André Ceuterick. 

Entamée vendredi à Tunis, la 31e édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) s'y clôturera mercredi. Placée sous le signe de la rétrospective, elle est accessible au grand public dans seize salles spécialement rouvertes pour la circonstance, avec l'application de mesures sanitaires particulièrement strictes. Bien que consacrées aux films africains et arabes, les éditions précédentes du festival proposaient des programmes parallèles "focus", mettant à l'honneur les productions cinématographiques d'autres pays du monde. 

Alors que le tour de la Belgique semblait cette fois venu, le concept baptisé "Visions du cinéma belge" a été annulé en raison de la crise sanitaire. Seul invité belge présent lundi à Tunis, André Ceuterick a été sollicité en vue de la mise en œuvre de ce rendez-vous spécifiquement dédié au cinéma belge. Cinéphile et critique averti, le Hennuyer est à l'origine du Festival international du film francophone (FIFF), et du Festival du film de Mons (FIFM). 

Il suit assidûment les JCC depuis 1989. "Ce programme constitue une opportunité de mener une belle opération de visibilité pour notre cinéma", estime André Ceuterick. "Nous nous sommes accordés sur une sélection de six films, dont trois francophones et trois néerlandophones, à diffuser dans les salles tunisiennes lors du festival. Le panel se veut représentatif de notre production, en sortant si possible des sentiers battus et en permettant la rencontre avec nos professionnels du secteur." 

Côté francophone, le coordinateur montois avait opté pour "Duelles" (2018) du réalisateur Olivier Masset-Depasse, "Le tout nouveau Testament" (2015) de Jaco Van Dormael et "Noces" (2016) de Stephan Streker. Côté flamand, sa sélection s'est fixée sur "Girl" (2018) de Lukas Dhont, "D'Ardennen" (2015) de Robin Pront et "Ghost Tropic" (2019) de Bas Devos. "A la suite des signes inquiétants d'une reprise de la pandémie, nous avons interrompu le processus juste avant de lancer les invitations", conclut André Ceuterick. 

La programmation d'un volet belge pourra donc être intégrée à l'organisation des prochaines JCC. "C'est une fenêtre qui peut apporter une véritable plus-value au festival", assure Rhida Béhi. "Le marché belge n'est pas aussi vaste que le français, mais il fait montre d'un renouveau intéressant. Par ailleurs, les cinéastes belges ne se prennent pas abusivement au sérieux, ils n'ont pas un égo aussi gonflé que leurs voisins français. En offrant une tribune au cinéma belge dans notre festival, nous voulons casser ce rapport entre colonisés et colonisateurs ou encore rapprocher les pays et leurs cinéastes", explique-t-il.