Les agents débraient pendant 24 heures. À Mons, la situation reste particulièrement problématique selon la CGSP.

C'est pour protester contre le manque de personnel et les réductions de budget que les gardiens de prison sont entrés en grève dans tout le pays pour 24 heures depuis mercredi soir. Le mouvement touche également la prison de Mons. "Nous avons tenu un piquet au petit matin jusqu'au début de la matinée. Le mouvement est bien suivi", constate Eric Domaniecki de la CGSP.

8 policiers de la zone de police Mons-Quévy ont été envoyés en renfort pour suppléer aux gardiens de prison. La situation est réévaluée de manière régulière par les forces de l'ordre.

Des actions avaient déjà été menées dans la prison montoise où des problèmes particuliers s'ajoutent à ceux qui touchent tous les établissements du pays. Le traitement des punaises était notamment au cœur des revendications. "La société mandatée est venue faire le traitement des cellules bloquées la semaine dernière", relate Eric Domaniecki. "C'est en cours. Il faudra en tout trois passages avec dix jours d'intervalle. Le traitement des vêtements contaminés est également en cours. Les congélateurs qui vont servir à décontaminer les vêtements sont bien arrivés à la prison."

Les agents ont également décroché une autre revendication concernant les punaises, même si elle laisse un goût amer. "Nous demandions depuis un an et demi l'assurance que les traitements seraient pris en charge si un agent devait ramener des punaises à son domicile. Nous avons enfin obtenu une note qui nous indique que l'administration pénitentiaire prendrait ces frais à charge. Mais c'est une note datée de 2008 et elle se base sur un arrêté de 2006. On a l'impression qu'on s'est moqué de nous en nous faisant attendre si longtemps."

Des renforts avaient également été annoncés pour le personnel. Mais les problèmes ne seront pas encore vraiment réglés. "Il y a eu des auditions pour engager 5 plans Rosetta. Mais nous manquons déjà de 12 équivalents temps plein. Dans le meilleur des cas, nous serons donc à 7 en dessous du cadre. Mais c'est sans tenir compte d'éventuels départs."

Enfin, les problèmes de surpopulation restent prégnants et ne devraient pas s'améliorer selon le délégué de la CGSP. "Dans des conditions normales, nous devrions être à 304 détenus. Le bourgmestre Nicolas Martin avait pris un arrêté pour limiter la surpopulation en tenant compte de la situation dans les autres prisons. La limite avait ainsi été fixée à 362 détenus. Quand j'ai pris mon service mardi, ils étaient 388. Et nous savons d'expérience que la population carcérale augmente en hiver, avec notamment certains sans-abris qui n'hésitent pas à commettre un petit larcin pour être au chaud. Je crains donc qu'on atteigne rapidement la barre des 400 détenus."