Le MR veut élargir l’ordonnance de police anti-marginaux lors des grands événements festifs.

Les fauteurs de troubles n’ont pas leur place à Mons. Et pourtant… Ces derniers jours, alors que la ville vit son folklore depuis mercredi dernier, une soixantaine d’arrestations administratives ont été réalisées par les forces de l’ordre. La motivation est le trouble à l’ordre public. Reste qu’à Mons, le chef de file MR en a plus qu’assez.

Dans une motion déposée pour le conseil communal du 20 juin, le MR demandera l’application d’une mesure stricte à l’égard des malfrats montois. Leur interdire les lieux lors de grands événements festifs dont le Doudou.

"Certains auteurs de ces nombreux troubles à l’ordre du public sont des multirécidivistes, explique Georges-Louis Bouchez (MR), chef de groupe dans l’opposition. Ils sont connus des services de police pour des actes d’incivilités et de délinquance. C’est faire courir un risque à la population mais aussi une perte de temps pour la police que d’arrêter systématiquement les mêmes personnes durant les festivités."

Et pour interdire les festivités, le chef de file s’appuie sur l’ordonnance de police datant de 2014, qui concerne les comportements dérangeants adoptés par des personnes marginales squattant le centre-ville. Dans ce texte, il est notamment prévu que le bourgmestre puisse infliger des sanctions administratives comme interdire les lieux à l’individu qui trouble l’ordre public.

"Un marginal n’est pas nécessairement un individu dangereux mais son comportement accentue le sentiment d’insécurité et le risque de troubles sociaux. Il serait plus utile d’élargir ce règlement à ceux qui ont été condamnés au pénal ou qui ont subi une sanction administrative pour des actes de violence, de dégradations dans l’espace public ou des incivilités dans l’année qui précède, et ce, pour une durée de maximum un an", ajoute Georges-Louis Bouchez.

Le périmètre à définir doit être spécificité par la zone de police. "Il devra à tout le moins intégrer la Grand-Place et la place du Marché aux Herbes, sans oublier des points de hautes tensions à Jemappes, Havré et Cuesmes," a-t-il conclu avant de mettre le sujet sur la table des autorités communales montoises.


Aucun cas d'interdiction de lieu donné

À la zone de police de Mons-Quévy, le chef de corps Marc Garin ne croit pas trop à cet élargissement de l’ordonnance déjà prise pour les marginaux. Rappelons que depuis que l’ordonnance a été prise, elle semble toujours très difficile à mettre en œuvre sur le terrain. Il n’empêche qu’il s’est penché pour cette ducasse sur le sujet.

"Dès le moment où quelqu’un est susceptible de troubler la sécurité publique, le bourgmestre peut interdire à cette personne d’être présente. Mais pour faire cela, il existe toute une procédure à suivre et la personne concernée doit aussi pouvoir présenter sa défense. Or, cette procédure est longue et juridiquement difficile à maintenir. Sur notre territoire, une telle procédure n’a jamais été appliquée. Nous avons déjà pensé le faire notamment lors de cette ducasse pour une personne bien connue de nos services. Nous ne l’avons pas finalement pas fait parce qu’après avoir consulté nos services juridiques, nous pensons que cela n’aurait pas été efficace."

Autrement dit , l’outil existe mais est difficile à mettre en œuvre. D’ailleurs, le bourgmestre, Elio Di Rupo (PS) n’a jamais ordonné une interdiction de lieu. "Dans le concept, cet outil pourrait être utile et il existe d’ailleurs déjà. Mais nous sommes soumis à des règles de droit. L’interdiction de lieu existe dans notre règlement général de police, c’est une des actions que le bourgmestre pourrait prendre. Si cela n’a pas été fait dans notre zone de police, c’est que nous ne l’avons pas estimé nécessaire. Je ne suis pas non plus convaincu que d’autres zones de police de la région aient déjà procédé à ce type d’interdictions."

Que faire alors pour les bagarreurs intempestifs archiconnus de la police et des tribunaux durant les festivités ? "J’estime que la solution la plus efficace dans le cadre de ces fauteurs de troubles est l’arrestation administrative durant les festivités. C’est déjà quelque chose que nous faisons pendant le Doudou. C’est une manière préventive d’agir avec ce type d’individus."

Le chef de corps de la zone de police de Mons-Quévy affirme toujours que l’ordonnance "anti-marginaux" est utile mais toujours aussi difficile à mettre en pratique.