La convention a enfin pu être finalisée et consacre une donation jamais vue.

Alors que tout le pays est bloqué, la situation du musée Duesberg, elle, est enfin sortie de l'impasse au moment où on s'y attendait le moins. Les époux Duesberg et la Ville de Mons ont en effet pu se mettre d'accord sur la fameuse convention qui consacre une donation de près de 4.000 objets. L'avenir du musée, auréolé de six étoiles au Guide Michelin, se voit ainsi assuré sur les terres montoises. Après 25 années de mécénat, le happy end est de taille tant les relations entre la Ville et le baron Duesberg ont pu être tumultueuses par le passé. Ce dernier avait plusieurs fois menacé de fermer la porte tant il se désolait de ne pas voir son musée assez reconnu par les édiles locaux.

Mais cette fois, les violons sont accordés et les pendules à l'heure. Dans la plus stricte intimité, confinement oblige, les différentes parties sont tombées sur un accord. "À l'époque, nous avions déjà offert quelques objets à la Ville de Liège. C'était alors la plus grande donation depuis plus d'un siècle à Liège. Mais c'est dérisoire par rapport à Mons", commente le baron Duesberg. "Nous avons ici une collection unique et inédite de pendules, d'orfèvreries, de porcelaines, de bijoux et d'autres objets insolites. Je ne vois aucune donation comparable en Belgique ni même ailleurs dans le monde."

Comme nous l'avions déjà annoncé, la convention prévoit également que la portion de voirie comprise entre la rue de la Houssière et la rue du Chapitre, longeant le square Roosevelt, sera rebaptisée rue Musée François Duesberg. Par ailleurs, un salon de prestige va être aménagé dans l'ancien office du tourisme, sur la Grand-Place. "Nous choisirons des objets spectaculaires. Ça pourrait être assez attractif pour accueillir les visiteurs", précise le baron Duesberg.

Restera encore à trouver une solution pour le personnel, les époux demandant un peu d'aide dans le musée. "La Ville a lancé un appel pour la conciergerie. Je suppose qu'ils vont essayer de trouver la perle rare puisqu'ils avaient étendu l'appel. Pour le moment, vu les circonstances, il est préférable que nous restions seuls, car nous sommes vulnérables." Le baron a bon espoir pour la suite. Cette question n'a en tout cas pas empêché de finaliser la convention avec la Ville.

Du côté des autorités montoises, déjà très occupées avec la gestion de la crise du coronavirus, on réagit pour l'heure sobrement. En espérant pouvoir plus tard mieux savourer ce moment important pour la Cité du Doudou. "Nous sommes très heureux d'avoir pu trouver un accord et nous remercions chaleureusement les époux Duesberg", indique Catherine Houdart, échevine de la Culture.

À 86 ans, le baron Duesberg est manifestement soulagé de pouvoir ponctuer ses 25 années de mécénat à Mons par une telle donation. "Dans ces moments difficiles et anxiogènes, je suis heureux de pouvoir annoncer une bonne nouvelle, il ne faut pas se priver d'une lueur d'espoir dans la grisaille. Je suis très heureux pour la Ville, très heureux de pouvoir terminer ainsi. C'est le fruit d'un long cheminement qui n'a pas toujours été très confortable. La Ville va en sortir très grandie sur le plan culturel. Nous allons pouvoir enchaîner avec le paradis que nous sommes prêts à décorer et où ils nous attendent de manière impatiente."