Si l’éolien se présente comme une alternative énergétique durable, il suscite aussi de nombreuses inquiétudes dans le chef des riverains installés à proximité de ces parcs, toujours plus nombreux et plus étendus. Pour apaiser les craintes, les développeurs de projets éoliens Windvision et Eneco rencontraient, ce jeudi après-midi, les riverains concernés par le projet éolien Mons-Estinnes. 25 personnes, réparties en groupes de quatre à huit personnes, ont répondu présentes et ont participé aux ateliers thématiques.

Dévoilé pour la première fois en 2013 et finalement mis en standby jusqu’en 2019 pour s’adapter au mieux aux nombreux changements de législation, le projet prévoit l’implantation de sept nouvelles éoliennes réparties sur les communes de Mons (6) et d’Estinnes (1). Si les démarches aboutissent, six seront implantées en zone agricole, la dernière le sera en zone de dépendance d’extraction liée à la carrière d’Harmignies.

"Nous sommes bien conscients que ce genre de projets suscite des inquiétudes, notamment en matière de nuisances sonores et visuelles", explique André-Stéphane Van De Goor, chef de projet chez Windvision. "C’est pour cette raison qu’à l’issue de la réunion d’information préalable organisée en septembre 2019, nous nous étions engagés à revenir devant les riverains pour leur présenter les résultats de l’étude d’incidence sur l’environnement."

Cette dernière a été clôturée en juillet dernier et "confirme que l’implantation envisagée lors de l’avant-projet est conforme." En matière de biodiversité et de protection des espèces notamment, diverses recommandations ont été émises. En comparaison avec la première version de 2013, des adaptations ont par exemple été opérées : l’éolienne numéro 1 a été déplacée afin de limiter l’impact du parc sur les espèces abritées par la carrière d’Harmignies, d’autres ont été davantage éloignées des habitations.

Pour les espèces les plus sensibles, des mesures complémentaires sont prises. "D’une part, un module d’arrêt en faveur des chauves-souris et hirondelles lorsque celles-ci sont actives et que les jeunes sont sur le point d’effectuer leur premier vol, et d’autre part la concrétisation de mesures environnementale sur plus de 21 hectares, à environ 1,6 kilomètre du parc, dans une zone recommandée par le département de la nature et des forêts (DNF)."

Si le projet venait à voir le jour, ce sont sept nouvelles éoliennes d’une hauteur de 200 mètres, capables de produire jusqu’à 95 000 mégawatt-heure par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de quelque 27 000 ménages wallon, qui seront implantées Pour que les citoyens s'approprient ce projet, les discussions avec les communes de Mons et Estinnes sont par ailleurs lancées afin de permettre un financement participatif dédié à une éolienne citoyenne.

Rien n’est cependant joué : la demande de permis a été déposée mais l’enquête publique, ouverte le 10 septembre dernier, se poursuivra jusqu’au 12 octobre. La décision des fonctionnaires technique et délégué de la région wallonne devrait tomber en janvier 2021. Si aucun recours n’est introduit, la mise en service du parc est prévu en fin d’année 2022.