L'assemblée générale du personnel de la chaîne locale Télé Mons-Borinage (Télé MB) a décidé mercredi matin à l'unanimité de partir en grève jusqu'à dimanche soir.

La direction a annoncé mardi un plan de restructuration touchant 6,5 des 30 équivalents temps pleins de l'entreprise de même que de grosses diminutions de frais de fonctionnement. Le climat s'est assombri mercredi chez Télé MB. Les travailleurs ont décidé à l'unanimité de partir en grève après l'annonce de la direction d'un plan de licenciements touchant 6,5 équivalents temps pleins, consécutif à de grosses difficultés financières de la chaîne révélées fin octobre.

"C'est une situation que nous ne pouvons pas accepter", a indiqué Patrick Salvi du Setca. "On peut nous présenter un mauvais bilan et la manière de l'écrire, il n'y a, en tout cas, pas eu de faux. On savait depuis un an que la situation financière n'était pas bonne. La grève a donc commencé mercredi et elle durera jusqu'à dimanche soir, sauf en cas d'avancées significatives avec la direction. La couverture de la fête de clôture de Mons 2015 qui aura lieu samedi 12 décembre n'est donc, pour l'heure, pas assurée".

Un audit, dont les conclusions ont été annoncées à la fin octobre par la direction de Télé MB a mis en lumière les difficultés financières de la chaîne, soit une dette de 600.000 euros et un déficit structurel annuel de 150 à 200.000 euros. Les travailleurs indépendants de Télé MB, soit une trentaine de travailleurs, avaient débrayé pendant un week-end pour marquer leur sentiment d'inquiétude.

Le CA de Télé MB avait, de son côté, validé, le 2 décembre dernier, les perspectives du plan de gestion proposées par le Bureau de la chaîne et avait réaffirmé son soutien à la direction. Deux hypothèses de travail avaient par ailleurs été retenues par les administrateurs, en plus de celle présentée par le Bureau. Peu de détails avaient jusqu'ici filtré sur ces différentes hypothèses.

Les syndicats et les travailleurs, qui refusent catégoriquement le plan de licenciements annoncé mardi, attendent une réunion d'urgence avec la direction et une délégation du conseil d'administration de Télé MB. Le Setca a par ailleurs mis le doigt sur les dépenses "d'une entreprise déjà dans le rouge". "La direction nous a annoncé une diminution des frais de fonctionnement de 47% et de 17% au niveau de la masse salariale", a poursuivi Patrick Salvi en ajoutant ressentir un sentiment de méfiance des travailleurs vis-à-vis de la direction actuelle.


David Flament (Télé MB): "Nous sommes dans un état assimilé à celui de faillite"

Le directeur général de Télé Mons-Borinage, David Flament, a pris acte de la décision de son personnel de partir en grève, tout en indiquant rester ouvert au dialogue avec les syndicats. La situation de la chaîne locale peut, selon lui, être assimilée à celle d'une faillite. "J'ai pris acte de la grève qui touchera, entre autres, la couverture de la fête de clôture de Mons 2015 ce samedi", indique David Flament mercredi. "De toute façon, sans argent, il était impossible de faire un direct. Une émission enregistrée était simplement au programme. Les caisses de Télé MB sont vides et l'entreprise est dans un état assimilé à un état de faillite."

Trois scénarii ont été mis sur la table du conseil d'administration le 2 décembre dernier. "Le premier scénario est d'augmenter la contribution annuelle par habitant des communes concernées par Télé MB de 1,25 euro à 2,50 euros", indique Patrick Salvi du Setca. "Il semble qu'il n'y ait plus eu d'augmentation à ce niveau depuis au moins 15 ans. Le deuxième scénario est de passer à 3 euros, le troisième à 3,5 euros avec une intervention possible de l'intercommunale IDEA. Des contacts ont déjà été pris il y a plusieurs mois avec certaines communes pour augmenter leur dotation mais rien n'a avancé. On a donc perdu un an." Du côté de la direction de Télé MB, on confirme que les contacts avec les communes partenaires sont en cours pendant toute la semaine.

"On a parlé de malversations dans les comptes, rien de tout cela n'est fondé", tient à préciser David Flament. "On critique le montant pour l'engagement d'un expert-comptable pour faire toute la transparence sur les comptes. Il faut voir clair car Télé MB est aujourd'hui à genoux." Le Setca a évoqué à ce sujet, par la voix de Patrick Salvi, que l'expert-comptable désigné est le comptable de Télé MB et que le montant de ses honoraires pour les analyses effectuées pour l'heure s'élève à quelque 43.000 euros.

"Toute piste alternative à des licenciements doit se trouver en concertation", a malgré tout souligné David Flament. "La seule solution est le refinancement, comme cela a été le cas chez No Télé en Wallonie Picarde et chez Antenne-Centre, où la quote-part annuelle des citoyens est respectivement de 3,7 euros et 3,5 euros".