De plus en plus nombreux, des professionnels de la région se sont réunis lors d'une table ronde constructive.

Ils ou elles sont producteurs, scénaristes, réalisateurs, acteurs, photographes ou encore compositeurs… Mercredi dernier, ils s'étaient donnés rendez-vous au BAM pour la deuxième table ronde du cinéma organisée par le Comptoir des Ressources créatives (CRC).

La demande émanait d'un membre du réseau, Hugo Deghilage, qui souhaitait rassembler et mettre en contact les forces vives du septième art actives sur Mons et ses environs. Cette table ronde illustre ainsi la marque de fabrique du CRC: dégager des solutions collectives par et pour les créateurs.

"La première table ronde avait permis de déterminer des demandes prioritaires", explique François Chevalier du CRC. "Les créateurs souhaitaient établir une cartographie des compétences de chacun, trouver un lieu partagé avec des espaces de travail collectifs pour favoriser les synergies, créer un outil pour faire connaître tous les gens du métier ou encore instaurer un système de partage des outils."

Mercredi, après un bref tour de parole destiné à briser la glace, les participants se sont mis au travail pour cogiter collectivement et tenter de trouver des solutions répondant aux besoins de chacun. Ils étaient une quinzaine à la première table ronde du cinéma et plus du double pour la seconde. Signe que la démarche répond aux attentes, mais aussi que le septième art n'est pas en reste dans la Cité du Doudou.

Rapidement, au cours d'un brainstorming accouchant de post-its, les idées ont fusé: créer un collectif de cinéastes, ouvrir un cinéma bar, organiser un événement pour projeter le travail de chacun, mettre sur pied un speed dating des métiers du cinéma… Les participants étaient impliqués et ne regrettaient pas leur venue.

"C'est intéressant de voir comment ça fonctionne. On peut voir que ça répond clairement à un besoin des gens du métier d'entrer en contact", confirme Mara De Sario, photographe à qui l'on doit notamment la dernière affiche du FIFM.

"Je me sentais obligé de participer", sourit Mehdi Semoulin, réalisateur notamment de la nouvelle expérience immersive du Mons Memorial Museum. "Je connais la plupart des gens qui sont là aujourd'hui, mais nous n'aurions pas forcément eu l'occasion d'entrer en contact. Il manquait des espaces de rencontres. Aujourd'hui par exemple, j'ai pu faire la connaissance d'un machiniste que je n'aurais sans doute jamais rencontré sans cette table ronde."

Reste à voir comment se traduiront les idées qui ont germé lors du brainstorming. Mais la simple mise en contact des professionnels a déjà séduit le plus grand nombre. "C'est impressionnant de voir qu'il y a autant de gens dans notre région qui travaille dans le cinéma, je l'ignorais", souligne Michel Duprez, compositeur. "Il y a un intérêt évident à faire des rencontres et créer des réseaux."

Une Cincecittà montoise n'est sans doute pas près de sortir de terre du jour au lendemain. Mais force est constater que le monde du cinéma ne manque pas d'ambassadeurs à Mons, et qu'ils sont particulièrement motivés.