La quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a prévu deux audiences pour juger le policier montois auteur du coup de feu qui a entraîné la mort de Mawda. L'homme, qui a écopé d'une peine d'un an de prison avec sursis pour homicide involontaire en première instance, sollicitera son acquittement lors des audiences des 30 septembre et 1er octobre 2021. 

Le parquet n'ayant pas fait appel contre des deux prévenus kurdes, seul le policier sera rejugé en appel. "Nous avons plaidé un acquittement et une suspension de prononcé et ce n'est pas ce qui a été décidé par le tribunal. Après réflexion, nous avons décidé d'interjeter appel", avait déclaré Me Laurent Kennes, l'avocat du policier, en mars dernier. Lors de la course-poursuite qui s'est déroulée la nuit du 16 au 17 mai 2018 sur l'autoroute E42, entre Namur et Mons, le policier avait tiré vers le pneu de la camionnette pour provoquer une crevaison lente.

Le tribunal correctionnel de Mons a estimé que le tir mortel était accidentel mais que le policier avait commis une faute en utilisant son arme contre un véhicule en fuite et que cette faute était en lien direct avec la mort de la petite fille. Il a été reconnu coupable d'un homicide involontaire par défaut de précaution ou de prévoyance.

Le coup est parti au moment où le véhicule de police a été heurté par la camionnette. Le collègue du policier a déclaré que ce dernier visait le bas de la camionnette, laquelle faisait des zigzags au moment du tir. Les policiers de Namur, qui suivaient la camionnette, ont vu un déport vers la gauche de celle-ci.

L'expert en balistique estimait que le tir a pu être effectué par crispation. "Je ne peux pas l'affirmer mais c'est plausible. Il faut une force de 28 newtons pour enclencher le tir. Ce n'est pas impossible d'avoir le coup de feu à ce moment-là, c'est une force classique pour ce genre d'arme", avait-il déclaré devant le tribunal.