Le collège a remis un avis négatif sur le projet de trois immeubles à appartements que souhaite construire Atenor sur un terrain en face du Lotto Mons Expo. Ce n'est pas la première fois que le promoteur immobilier essuie un refus pour ce site. Un projet de quartier avait déjà été recalé en 2018, notamment à cause d'une trop grande proximité entre le Lotto Mons Expo et les futurs logements.

Atenor avait donc revu sa copie en scindant le projet en deux. D'une part, des bureaux, pour lesquels un permis a été accordé et dont la construction va commencer. D'autre part des logements, plus éloignés du Lotto Mons Expo. Mais ce deuxième volet vient d'être recalé. Pour le promoteur, l'incompréhension est totale.

"Depuis que nous avons acheté le terrain en 2011, nous sommes dans un dialogue permanent avec les autorités montoises. Tout ce qu'on nous a demandé , on l'a fait. Comme ajouter des parkings pour les bureaux, même si nous y perdions de l'argent. Ce dialogue permanent n'aurait pas dû aboutir à un refus", s'étonne Stéphane Sonneville, CEO d'Atenor.

La Ville de Mons motive son refus par une proportion trop faible d'appartements à trois chambres, un style architectural trop pauvre et pas assez d'emplacements de parking sous-terrain. "Nous l'avons expliqué à maintes reprises, et nous ne sommes pas les seuls à l'avoir dit. Il n'y a pas assez de demandes pour des appartements trois chambres à Mons. Pour le même prix, une famille peut obtenir une petite maison. Nous n'allons pas construire des appartements pour qu'ils restent vides", réagit Stéphane Sonneville. "Sur le style architectural, c'est purement subjectif. On nous dit qu'on n'aime pas, sans étayer l'avis sur une expertise qualitative. De notre côté, nous avons fait appel à un architecte primé et nous ne l'avons pas bridé sur le budget. Enfin, pour le parking, nous avons discuté à plusieurs reprises avec le bourgmestre, et il n'a jamais été question de ça. Une demande avait été faite pour les bureaux et nous y avons répondu. Mais pas ici. Ce n'est pas très réglo."

En communiquant sur son refus, la Ville indique ne pas fermer complètement la porte à Atenor. Quelles suites le promoteur immobilier compte-t-il donner? "Nous avons des projets ailleurs en Belgique et à l'international. Nous ne sommes pas dépendants de la Ville de Mons et nous pourrions laisser ce terrain vide pendant dix ans. C'est dommage pour les Montois, car c'est un beau projet qui doit permettre de faire le lien entre le centre-ville et le site des Grands Prés. Ce sont des appartements passifs qui répondent à une demande de logement et à l'enjeu climatique. Nous regrettons cette situation évidemment, nous ne sommes pas un promoteur sans foi ni loi qui a l'habitude de faire n'importe quoi. Nous verrons les suites que nous donnerons à ce dossier quand nous aurons pris connaissance des motivations de la Ville. Nous ne les avons pas encore reçues", conclut le CEO d'Atenor.