Exclusif : Le décumul intégral risque de s’inviter dans les débats

Publifin, ISPPC, Samu social… Les affaires torpillent les partis traditionnels, même si ces scandales ne concernent pas directement les Régions de Mons et du Centre. Le PS d’Elio Di Rupo vacille, tangue et bouillonne, y compris en ses terres. Dans la zone Mons-Centre, sept députés sont autorisés à cumuler avec leur fonction de bourgmestre ou d’échevin. Éric Thiébaut (PS), Laurent Devin (PS), Elio Di Rupo (PS), Fabienne Winckel (PS), Benoît Friart (MR), Nicolas Martin (PS) et Jacqueline Galant (MR).

Si la proposition de décumul intégral, soutenue par Elio Di Rupo, est votée le 2 juillet, ces députés devront faire un choix après les élections communales de 2018. Parmi ces élus, on retrouve aussi le président de la Fédération PS de Mons-Borinage, également premier échevin à la Ville de Mons, Nicolas Martin.

Et ce samedi , le PS de Mons-Borinage organise justement son congrès. Objectif ? Approuver les modifications statutaires de la Fédération PS de Mons-Borinage. Nicolas Martin proposera de conditionner les rémunérations des élus de l’exécutif à leur participation effective dans les différentes structures publiques ou para-publiques.

Ainsi, il est proposé d’interdire aux membres des collèges communaux et provinciaux d’obtenir une rémunération lorsqu’ils président une ASBL ou un organe para-public (régie communale, ASBL, société anonyme d’intérêt public…). Un changement du mode de rémunérations des présidents et des membres des comités de gestion des intercommunales sera aussi sur la table. Le but étant de lier leurs indemnités à leur présence effective dans les instances.

Mais le sujet qui risque de tonner lors des débats est bien celui du "décumul intégral". Sujet qui fait bondir parmi certains élus de la Région de Mons-Borinage et du Centre. Sept députés (régionaux ou fédéraux) sont directement concernés, dont cinq sont socialistes.

Le président PS de Mons-Borinage a aussi un avis arrêté sur la question. "Je suis pour le décumul des mandats et je vais me l’appliquer , nous précise-t-il. Mais le débat ne doit pas avoir lieu dans la précipitation, tous les militants doivent pouvoir s’exprimer. Je plaide pour que le décumul soit adapté en fonction de la taille de la commune. Il ne me semble pas illogique qu’un élu d’une petite commune rurale puisse poursuivre une fonction parlementaire. En revanche, pour une ville telle que Mons, il me semble opportun d’en terminer avec le cumul. Et c’est dans ce sens-là que je me suis déjà exprimé au bureau du parti."

Enfin, autre sujet qui lui tient à cœur, c’est le renouvellement de la classe politique. Tant qu’à évoquer ses prises de position au parti socialiste, Nicolas Martin s’est aussi déjà exprimé sur son désir de limiter, à deux ou trois, le nombre de mandats politiques successifs dans une même fonction. "Il faut pouvoir passer la main et que la classe politique puisse se renouveler régulièrement." Congrès chargé en perspective.