Imagix, le Plaza Art et le FIFM unissent leurs efforts pour la réouverture des salles obscures.

Après trois mois et demi de fermeture, les cinémas ont pu rouvrir leurs portes ce mercredi. Une bonne nouvelle saluée comme il se doit par une drache nationale qui fait toujours le bonheur des salles obscures. Dans la Cité du Doudou, c'est même la devise nationale qu'Imagix, le Plaza Art et le Festival de Mons ont décidé d'appliquer.

Le secteur est en effet durement touché par la crise et il faudra du temps pour remonter la tête hors de l'eau. Les trois opérateurs montois renforcent donc des synergies déjà naissantes dans le but d'inciter le grand public à retrouver le chemin des toiles. En témoigne le festival de cinéma en plein air qui propose, du 3 juillet au 29 août, d'apprécier de grands films dans la cour du Carré des Arts – ou à l'Auditorium Abel Dubois si la météo est revêche. "Nous proposons une programmation avec un esprit très feel good qui fera du bien après la période que nous avons traversée", précise Maxime Dieu, administrateur-délégué du FIFM.

Dans le cadre de cycles ou de ciné-clubs, le trio cinématographique entend renforcer ses partenariats, conscients que leurs programmations respectives se complètent. "Nous faisons le même métier, nous faisons partie de la famille du cinéma", résume Jan Staelens, administrateur-délégué d'Imagix. "Nous partageons la même volonté de relancer le cinéma à Mons. Pour que ça fonctionne, il faut une reprise globale", ajoute Jean-Paul Deplus, président de l'asbl Plaza Art.

La reprise doit toutefois tenir compte des normes sanitaires. À Imagix, il est désormais possible d'acheter sa place de ciné en ligne, tout comme sa boisson et ses popcorns. Sur place, le nombre de bornes automatiques a été doublé. Les distributeurs de gel hydroalcoolique ont fleuri un peu partout. Les horaires des séances sont décalés pour éviter le croisement de foules. Le candy shop a été agrandi et agrémenté d'un sens de circulation. Les bonbons y sont distribués en petits sachets tandis que les raviers de popcorn sont recouverts d'un couvercle en carton.

Reste la question des places. À l'heure d'écrire ces lignes, les spectateurs de bulles différentes doivent laisser entre eux deux sièges d'écart. Une rangée sur deux doit également rester libre. Mais les opérateurs attendent des nouvelles du Conseil de Sécurité qui pourrait revoir ces normes à la baisse, comme en France, en tenant compte du fait que les spectateurs ont le regard tourné vers l'écran, ce qui limite les risques de se postillonner à la figure.

Dans la configuration actuelle, l'Auditorium Abel Dubois peut accueillir entre 70 et 80 spectateurs. De son côté, Imagix Mons ne pourrait tourner qu'à 20 ou 25% de ses capacités. La situation est complexe, d'autant plus que l'exploitant a dû investir pour la sécurité sanitaire. "À 25%, on ne paie pas les banques. Il faudrait arriver à 30% pour être en équilibre. Je ne parle même pas de bénéfices", souligne Jan Staelens. "Nous espérons que le CNS suivra l'avis des scientifiques et assouplira les mesures de distance. Nous nous rangeons également aux côtés de la Fédération des Cinémas de Belgique pour demander un assouplissement des taxes qui pèsent beaucoup sur des complexes comme les nôtres."

Les exploitants doivent enfin composer avec un marché du film au calendrier très dépendant de la situation aux États-Unis et donc, complètement déboussolé. Des blockbusters tels que Mulan ou Tenet de Christopher Nolan ont par exemple été reportés de juillet à août. Dans ce contexte particulier, il faut être créatif. Imagix va ainsi proposer deux cycles alléchants: le top 10 des films à voir au cinéma et le top 10 des films à voir avant 12 ans. "Ce sera une occasion unique de voir en version digitale et en salle des films comme Titanic ou E.T.", annonce Jan Staelens. Crise ou pas, nos opérateurs montois ont manifestement de quoi faire le bonheur des cinéphiles.