La communication politique, c'est tout un art. Mais un art martial. Si elle peut envoyer un adversaire au tapis, elle se doit aussi de respecter certaines règles. Or à Mons, cela fait un petit temps que Georges-Louis Bouchez soupçonne la majorité de jouer en dehors des clous.

Dans le collimateur du conseiller d'opposition, le Service Communication de la Ville. Selon le libéral, des agents communaux seraient payés par les deniers publics pour faire la promotion politique des membres du collège. Voire même pour l'incendier au détour de communiqués de presse enflammés. Ce n'est pas leur rôle, a déjà martelé le chef de Mons en Mieux, ces agents communaux sont payés pour assurer la communication de la Ville et pas pour promouvoir le bourgmestre et son équipe sur les réseaux sociaux. Encore moins pour étriller le conseiller d'opposition.

De là à flairer une version 2.0 des tracts d'Anne-Marie Lizin, il y a une piste que libéral montois souhaiterait bien remonter. Mais jusqu'à maintenant, le bourgmestre Nicolas Martin s'est toujours défendu de ces accusations en expliquant que les personnes visées étaient attachées au cabinet du bourgmestre et donc libres d'assurer des communications politiques.

Pour en avoir le cœur net, la députée Jacqueline Galant a relayé les interrogations de Georges-Louis Bouchez auprès de la tutelle. Une question a en effet été adressée au ministre des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon. "À Mons, le débat démocratique est fourni et très dense depuis quelques années entre les différents groupes politiques en présence", introduit la députée MR, tout en euphémisme. "La gestion de la grande ville wallonne donne régulièrement des oppositions sur le plan du projet de ville entre la majorité et la minorité. Ces débats ont lieu au conseil communal, mais également dans la presse. Il se trouve que les prises de position de la majorité sont rédigées et communiquées (notamment via des profils sur les réseaux sociaux) par des employés de l'administration communale montoise sur leur temps de travail pour la Ville."

Jacqueline Galant a donc posé la question au ministre des Pouvoirs locaux: "Des employés d'une administration communale peuvent-ils être sollicités afin de rédiger les communiqués sur des prises de position politique ?" La réponse écrite du ministre est tombée. Christophe Collignon explique que jusqu'à présent, il n'a pas été saisi sur les faits évoqués par la députée libérale. Il n'a donc pas dû mener de véritable instruction sur l'affaire. Mais le ministre livre son ressenti, à première vue. Et ça confirme la défense montoise.

Christophe Collignon explique ainsi, sans préjuger du résultat que pourrait livrer une réelle instruction: "L’article L1123‑31 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation prévoit que « chaque membre du collège communal peut être assisté par un secrétariat. Le conseil communal règle la composition et le financement des secrétariats, ainsi que le mode de recrutement, le statut administratif, la rémunération et les indemnités éventuelles des collaborateurs des secrétariats ». L’accompagnement du mandataire politique pour l’exercice de ses missions peut donc s’opérer par la mise en place d’un secrétariat, distinct du personnel de l’administration."