Entre les Anges de Mons et le CPAS, rien ne va plus. L'association qui vient en aide aux démunis a dénoncé à plusieurs reprises la situation de sans-abris. Mais sans toujours expliquer tous les tenants et aboutissants de dossiers parfois bien complexes. Si bien que le CPAS estime se voir coller injustement l'étiquette d'une institution qui laisserait des malheureux livrés à leur sort sans rien faire.

Un nouvel incident est venu mettre le feu aux poudres. Sur les réseaux sociaux, les Anges de Mons ont dénoncé la situation à l'abri de nuit: après 15 nuitées passées dans l'institution, les sans-abris seraient contraints de retourner un mois dans la rue. "Fake news", s'insurge-t-on du côté de la Ville de Mons.

"La réalité est toute autre. L’objectif d’un abri de nuit est de sortir ses usagers de leur situation de sans-abris en trouvant la solution la plus adaptée à leur situation", explique la porte-parole du collège communal par voie de communiqué. "Pour que ce travail soit le plus pro-actif possible et que la collaboration soit maximale, une limite de 15 nuits a été validée par la Région wallonne et le Conseil de l’Action sociale. Mais celle-ci doit être motivée ! La limite de 15 nuits ne s’applique que dans le cas où les personnes accueillies à l’abri de nuit refusent de collaborer avec leurs assistants sociaux, que ce soit au niveau du suivi social, de la recherche d’un logement permanent via l’atelier recherche logement, ou toutes autres démarches de réinsertion qui lui sont proposées."

Les services de la Ville n'apprécient guère les méthodes des Anges de Mons, d'autant plus que son président, Mohamed Aftouh, est devenu conseiller de l'action sociale pour Mons en Mieux. "Si la calomnie est très grave dans le chef d’une association, elle l’est encore plus dans le chef du conseiller de l’action sociale Mons en Mieux qui, en plus de dévoiler les dossiers sociaux individuels de manières publiques, de relayer des mensonges et des informations erronées, de s’afficher en photos aux côtés de potentiels bénéficiaires, prend le parti aujourd’hui de relayer de fausses informations incriminant l’institution et l’ensemble des 750 agents qui y travaillent au quotidien", poursuit la porte-parole du collège. "Le groupe Mons en Mieux, au travers de son conseiller et de son association, tente de jeter le discrédit sur le travail du Relais Social, du CPAS et de l’ensemble des agents qui y travaillent alors que nous devrions toutes et tous travailler dans le même sens afin de venir en aide à celles et ceux qui en ont besoin."

Pour Mohamed Aftouh, la situation a bien changé depuis qu'il est devenu conseiller. "On n'a jamais critiqué qui que ce soit, et encore moins les agents du CPAS qui font un travail honorable", réagit le président des Anges de Mons. "Tout ce qu'on fait, c'est relayer des demandes de personnes qui sont en difficulté. Avec la volonté de rendre visible l'invisible. Il y a une face cachée de la misère, et pas qu'à Mons. Mais depuis que je suis conseiller de l'action sociale, je sens bien que je dérange. Sur l'interdiction à l'abri de nuit, nous avons été en contact avec plusieurs sans-abris qui sont dans cette situation. Je ne peux pas dire que c'est systématique et je n'ai pas fait d'enquêtes sur ces personnes. Mais ça existe. En tout cas, si je dois choisir entre l'association et le terrain d'un côté, et le conseil de l'action sociale de l'autre, le choix sera vite fait. Mais je trouve justement intéressant de pouvoir apporter mon expérience de terrain au sein du conseil."