Entre le gouvernement et le secteur culturel, la rupture est désormais totale. Au lendemain du dernier comité de concertation, la colère, l’incompréhension, le dépit dominent. Il faut écrire qu’une fois de plus, le secteur culturel trinque et ferme ses portes, alors même que des efforts considérables ont été fournis pour assurer l’accueil du public en toute sécurité et que ces lieux n’ont jamais été reconnus comme vecteurs de haute contamination.

La résurrection du Plaza Arthouse Cinema n’aura ainsi été que de courte durée. Le cinéma, situé en plein centre-ville de Mons, avait en effet rouvert en août dernier après plusieurs années de travaux. "C’est un coup dur pour toutes les équipes qui ont travaillé dur et qui se sont mobilisées pour relancer l’activité", regrette Jean-Paul Deplus, président. "Ils sont stoppés en plein élan alors que le public revenait et que de nombreux bons films étaient à l’affiche ou en passe de l’être."

Le cas du Plaza Arthouse Cinema n’est pas à envie. "Mais nous ne sommes probablement pas les plus à plaindre, en comparaison avec les structures privées qui trinquent bien plus que nous. Les dernières mesures annoncées sont totalement incompréhensibles car elles ne sont en rien justifiées. Sous chaque siège de notre cinéma, une aération a été prévue. Le public est en sécurité dans nos salles, bien plus qu’ailleurs."

Entre l’aération, le port du masque, la désinfection des mains et le contrôle du CST, toutes les mesures avaient été prises pour assurer le maintien des activités. "Nous ne prenons pas cette crise à la légère, nous comprenons la nécessité de préserver les personnes les plus fragiles. Mais le gouvernement tape une fois de plus sur notre secteur sans nous en expliquer les raisons ! C’est tout simplement dangereux pour la démocratie. De telles décisions doivent être argumentées !"

De quoi sera fait demain ? Jean-Paul Deplus n’ose pas se prononcer. "On va tenter de faire le gros dos, se préparer à la reprise même si on ne sait pas quand elle interviendra…" Une incertitude pesante, également ressentie par les équipes de Mars – Mons Arts de la scène. "On est franchement tombés de notre chaise en entendant ça", explique Philippe Degeneffe, directeur général et président de la Fédération des Employeurs des Arts de la Scène.

"On venait justement d’écrire aux membres du Codeco pour solliciter une suppression de la jauge de 200 personnes. On espérait une solution de compromis mais c’est la douche froide. C’est scandaleux, injuste et infondé. Depuis le début de la crise, notre secteur a été irréprochable. Quand on entend que les experts ne préconisaient pas un nouveau lockdown culturel, on se dit que la décision est purement politicienne. Mais derrière, c’est nous qui trinquons."

La programmation de Mars devra, sans surprise, être totalement revue. C’est également le cas du côté du Théâtre Royal de Mons, qui avait déjà pris la décision de fermer ses portes, considérant qu’il était tout bonnement impossible de maintenir une activité en la limitant à 200 personnes.