Le personnel proteste notamment contre le service minimum tel qu'il est appliqué aujourd'hui. 

Les actions se multiplient au sein de la prison de Mons. Le personnel partira une nouvelle fois en grève ce jeudi soir à partir de 22 heures pour une durée de 24 heures. Les agents souhaitent se faire entendre du ministre de la justice Koen Geens (CD&V) quant à l’imposition d’un service minimum. Pour le personnel, ce service est une atteinte au droit de grève.

Une action similaire avait déjà été menée fin janvier. Elle n’avait pas porté ses fruits. "Nous sommes conscients que le service minimum doit être envisagé mais les conditions dans lesquelles il est imposé aujourd’hui sont aberrantes", peste Éric Domaniecki, délégué CGSP. "Dès qu’une action est menée, des agents sont réquisitionnés. Nous ne savons pas qui le sera, par qui ni même sur quelle base."

Le délégué va très loin dans ses propos, témoignant d’un véritable malaise dans le secteur. "Agir de la sorte, c’est digne d’une dictature. Si on nous enlève notre droit de grève, nous n’avons plus qu’à obéir, à nous taire et à être serviable à souhait. Nous voulons montrer aux ministres que nous ne sommes pas prêts à accepter cela. Nous resterons dehors les prochaines 24 heures." Avec pour conséquence une suppression des visites ou des sorties en préau pour les détenus.

"Comment peut-on faire correctement notre travail dans pareilles conditions ? Ce week-end lors de la pause de l’après-midi, nous n’étions que 15 au lieu de 36. Nous devrions être 217 équivalents temps plein mais le cadre n’est pas rempli : nous ne sommes que 202. Et le ministre ne semble pas s’en inquiéter, rien n’est fait pour compléter ce cadre. Nous avons l’impression d’être totalement oubliés. Comment assurer la sécurité de l’établissement et des personnes qui s’y trouvent dans pareilles conditions ?"

Le ras-le-bol est total et le personnel n’exclut pas de mener d’autres actions, en durcissant le ton. "Nos revendications ne sont pas entendues alors qu’elles sont légitimes. Si nous devons nous croiser les bras plus de 24 heures, nous le ferons. Si nous devons multiplier les actions, nous le ferons. Il est temps de permettre une prise de conscience de nos dirigeants." Des dirigeants qui, à ce stade, ne semblent pas prendre la mesure de la situation…