Mons Des espèces protégées y avaient trouvé refuge. Mais le site devait être dépollué.

Ils étaient près de 2400 à avoir signé une pétition pour permettre à Jean de poursuivre son projet de permaculture sur un terrain situé le long de la rive droite du canal du Centre à Mons. Près du Grand Large, ce SDF amoureux de la nature cultivait des fruits et des légumes. Des hérissons, des salamandres, des grenouilles et même une colonie de lucioles y avaient trouvé refuge. Hélas, mardi, les bulldozers ont tout rasé.

Le terrain, propriété de la Ville de Mons, de l’IDEA et de la DGO3, comportaient des poches de pollution. La Spaque a donc entrepris la réhabilitation du site. Les autorités montoises nous avaient déjà indiqué avoir entrepris des démarches pour proposer un accompagnement au SDF et l’aider à retrouver un logement. Sans succès. De son côté, Jean avait trouvé une forme d’épanouissement dans ce projet de permaculture. Mais sa situation ne rentrait manifestement pas dans les schémas de la Ville de Mons qui a proposé les démarches d’accompagnement classiques pour les SDF, alors que Jean voulait simplement cultivait un terrain, en harmonie avec la nature.

Les autorités montoises soulignaient d’ailleurs que ce terrain était pollué, ce qui pouvait comporter des risques pour la santé de Jean. Un argument difficilement audible par les personnes qui s’étaient mobilisées en faveur du SDF. "Nous avons vu des cartes du site, tout le terrain n’était pas pollué. D’ailleurs, ça n’avait pas posé de problèmes quand la Ville y a fait installer un campement pour sans-abri", rappelle l’un des soutiens de Jean.

Les bulldozers ne font pourtant pas dans le détail sur le site. La Spaque s’en explique. "Il y a effectivement des poches localisées de pollution. L’ancien canal a été rebouché dans les années 60. La pollution provient en partie de terres de remblais et de dépôts", précise le porte-parole de la Spaque. "Les propriétaires nous demandent de réhabiliter le site pour y développer des projets. Cela passe par une dépollution du terrain mais aussi, quand c’est nécessaire, par une opération de déboisement par exemple. Le but est de remettre aux propriétaires un site où ils pourront développer leurs projets."

Quant aux espèces qui avaient trouvé refuge dans le petit coin de paradis aménagé par Jean, l’association solidarité SDF-Mons avait contacté un Creaves pour prendre en charge les animaux protégés. Des démarches auraient été lancées pour obtenir des autorisations officielles du Département de la Nature et des Forêts (DNF) de la Région wallonne. Trop tard apparemment. "Nous travaillons toujours en partenariat avec la DNF qui nous remet éventuellement des obligations par rapport à certains terrains que nous devons réhabiliter", indique le porte-parole de la Spaque. "Ça peut-être aménager une mare pour des grenouilles ou déplacer des orchidées. Mais pour le terrain près du Grand Large, nous n’avions aucune recommandation de la DNF."