Après Marseille, c'est Paris qui voit ses cafés fermer alors que les chiffres du coronavirus sont repartis à la hausse. Chez nous aussi, sans atteindre le niveau de nos voisins français, les indicateurs ne sont pas réjouissants, principalement le nombre d'hospitalisations qui est crucial dans la gestion de la crise.

Pour l'heure, il n'est pas question de fermer les cafés dans notre région. On parle d'un baromètre qui permettrait de prendre des mesures différentes selon les provinces. Et le Hainaut n'est pas Bruxelles. Mais la situation inquiète tout de même dans les cafés montois. "On sait depuis le déconfinement que nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête", confie cette gérante d'un établissement du Marché aux Herbes. "Dans notre région, on ne s'en sort pas trop mal par rapport à d'autres. Nous avions d'ailleurs bien géré la question des terrasses en collaboration avec les autorités communales. Si on prend donc des mesures différenciées en fonction des zones, on peut tout de même s'interroger sur le côté pratique. On l'a senti pendant l'été, alors qu'Avers était en zone rouge, on a vu beaucoup de Flamands débarquer. Nous sommes aussi juste à côté de la France."

Les cafetiers redoutent donc le pire, avec une certaine forme d'injustice. "Prendre les coordonnées de nos clients, porter le masque, distribuer du gel, espacer les tables, réduire les horaires d'ouverture… Nous n'avons fait que prendre des mesures de protection depuis la réouverture. Et ça semble plutôt fonctionner, car nous n'avons jamais été contactés par les équipes de tracing pour un cas de covid", explique cet autre cafetier. "Pourtant, quand les chiffres repartent, on voit que c'est l'horeca qu'on ferme en premier. Alors qu'on s'entasse dans les bus et qu'on se colle dans les supermarchés! Il faut arrêter de dire que le rebond de l'épidémie, c'est la faute de l'horeca. Nous avons pris des mesures drastiques et nos clients font très attention. Ce serait bien en revanche d'avoir des informations un peu plus claires. Parce qu’on entend le fédéral, la Ville, les médias, et ça ne colle pas toujours."

Après de longs de mois de fermeture durant le confinement, un nouveau tomber de rideau porterait un coup très difficile à digérer pour nos cafetiers. "Notre chiffre d'affaires n'a pas pu reprendre aussi bien qu'avant, notamment à cause des horaires réduits. Mais nous avons dû investir pour respecter les consignes sanitaires. Ce n'est pas une situation facile, certains ne s'en sont pas remis, notamment deux cafés de la Grand-Place qui étaient de véritables institutions. Si j'avais un message à faire passer aux gens, ce serait de continuer à mordre sur sa chique pour faire en sorte qu'on n'arrive pas à un confinement comme celui que nous avons connu", conclut cette gérante.