Mons

L'argument écologique ne suffit pas à convaincre les professionnels du milieu.

Depuis ce 15 avril, deux nouveaux matériaux sont autorisés pour les cercueils en Wallonie : le carton et l'osier. Jusqu'à présent interdits, ils pourront être utilisés pour les inhumations en pleine terre et les crémations. Les règles en matière de funérailles et de sépulture s'assouplissent donc progressivement.

L'utilisation de ces deux matériaux doit améliorer les conditions de travail des fossoyeurs en cas d'exhumation par exemple, et a, semble-t-il, fait ses preuves en France, en Grande-Bretagne ou encore en Nouvelle-Zélande. Des arguments écologiques ont également été avancés. “ L'avantage du carton et de l'osier, c'est qu'ils permettent un retour à la terre dans une approche plus écologique ”, commentait récemment Valérie De Bue (MR), ministre wallonne des pouvoirs locaux.

Malgré ces arguments, au sein des pompes funèbres, on reste plutôt sceptiques. « Les cercueils en carton ou en osier ne sont pas nécessairement moins chers que certaines alternatives que nous proposons déjà », insiste Emilio Borgno. « Quant à l’aspect écologique, ma réponse est plus nuancée : c’est possible, mais ce n’est pas vrai dans tous les cas. Sur des cercueils de piètre qualité, de la colle toxique ou non-adaptée pour une crémation pourrait être utilisée. »

Si les professionnels du secteur émettent moins de doute quand il s’agit d’une inhumation, bien que les risques existent (poids du défunt, conditions météorologiques,...) les doutes sont plus fréquents concernant les crémations. « Vous imaginez si l’on a un problème lors de l’enfournement parce que le carton brûle trop vite, que le cercueil n’est pas placé suffisamment loin et que l’on ne peut refermer totalement le four? Nous nous exposons à des risques d’incendie. »

Et d'ajouter : "nous respectons la législation et ne pouvons donc pas nous opposer à ces alternatives. Mais dans certains cas, si les conditions ne sont optimales, nous n'y sommes en tout cas pas favorables." Si l’écologie est évidemment un argument dont il faut tenir compte, les professionnels estiment qu’il ne doit pas être le seul. La sécurité du personnel, des familles et des proches, la dignité du défunt et le bon déroulement d’un événement par définition déjà douloureux doivent primer sur le reste.