Mons

Une vaste campagne de sensibilisation débute ce 18 avril

Dans les rues qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, les agents de la propreté publique sont rarement mis en avant. Et pourtant, leur métier comporte de nombreux risques, dont peu de citoyens sont finalement conscients. Pour les sensibiliser aux dangers auxquels sont confrontés quotidiennement ces travailleurs, une campagne vidéo sera diffusée dès aujourd'hui sur les réseaux sociaux et dans les cinémas.

Objets tranchants dans les sacs-poubelle, impatience des conducteurs, agression dans les parcs à conteneurs,… Autant de thématiques qui sont développées grâce aux témoignages de quatre chargeurs, chauffeur et préposé de recyparc. « L'an dernier, nous avons dû déplorer 32 accidents ayant entraîné une interruption temporaire de travail », explique Jacques De Moortel, directeur général de l'intercommunale Hygea.


Quatre étaient directement liés au contenu des sacs-poubelle, un autre est la conséquence de l'inattention et de l'impatience d'un automobiliste qui a heurté un travailleur. Enfin, deux autres font suite à une agression physique, un phénomène en constante augmentation dans le secteur. « Notre personnel s'habitue malheureusement à plus de violence mais nous poursuivons chaque agression en justice. »

© EB

Dans une quatre courtes vidéos, Grégory, Jordan, Marko et Grégory reviennent sur des événements marquants et dramatiques. En 2014 à Quiévrain, Grégory se trouvait sur le marche-pied du camion lorsqu'il a été percuté par un automobiliste. Amputé des deux jambes, il est toujours en rééducation. « Ce que je voudrais dire aux gens ? Ralentissez, partez quelques minutes plus tôt pour être moins pressés… Quelques minutes d'impatience peuvent coûter très cher. »


Jordan s'est quant à lui ouvert la jambe alors qu'il chargeait un sac. « J'ai eu de la chance car ca a été bien soigné. Ca aurait pu être plus grave, j'aurais pu être amputé. Dans 60 % des sacs, tous les jours, il y a du verre, des piques de brochette en bois ou en alu. Pour moi, ils ont l'impression que ce sont des robots qui ramassent. »

Marko, 62 ans, restera quant à lui marqué à vie par un accident dont il n'était pas responsable. « Lors de l'accident, je reculais dans un cul-de-sac étroit. Il y a eu un tout petit choc, je n'ai quasiment rien senti. J'ai regardé dans le rétroviseur, je n'ai rien vu. J'ai continuer à reculer et j'ai su qu'il y avait un problème. » Un homme se trouvait sous la camionnette, gravement blessé. Bien que formé au phénomène d'angle mort, Marko ne peut voir l'invisible et incite donc à la prudence.

Sur les 99 secteurs d'activités répertoriés en Wallonie, le secteur de la collecte des déchets est le septième en termes de fréquence d'accidents et le sixième en termes de gravité.

© EB