La semaine dernière, nous vous faisions part du désarroi des organisateurs du Dour Festival et du Ronquières Festival. Ils comptent parmi les chevilles ouvrières de la jeune Fédération des festivals de musique Wallonie-Bruxelles (FFMWB). Et s'ils ne se font plus d'illusion sur la possibilité de rassembler des centaines de milliers de personnes pour des concerts cet été, ils attendent des perspectives sur la possibilité d'organiser des rassemblements alternatifs. Mais leur patience a des limites.

La FFMWB, qui regroupe près d'une quarantaine de festivals francophones tels que les Ardentes, les Francofolies de Spa, Les Solidarités, Esperanzha ou Lasemo, s'est fendue d'un nouveau communiqué ce lundi matin. Rappelant qu'elle s'est toujours montrée constructive pour pouvoir garder la tête hors de l'eau, la FFMWB nourrit le sentiment amer "de n’avoir même jamais aperçu la moindre main tendue de nos dirigeants." Le report des concerts-tests a claqué comme la gifle de trop pour les organisateurs de festivals qui haussent le ton.

"Il est vrai que la tolérance et le sens de la responsabilité nous caractérisent", indiquent les membres de la FFMWB par communiqué. "Ce qui nous ramène très souvent à une image gentille, sans doute trop gentille même. Mais aujourd’hui nous n’en pouvons plus d’être gentils! Nous n’en pouvons plus d’avoir cette impression de ne pas exister. Nous n’en pouvons plus de voir nos équipes, nos fournisseurs, nos amis, nos artistes, nos techniciens ramer financièrement, changer de métier, sombrer dans la dépression, et parfois, hélas partir tout court. Nous n’en pouvons plus de ne pas avoir de réponses à nos questions."

Et des questions en suspens, il en reste. La FFMWB les égrène. "Pourquoi est-ce si difficile de nous donner une réponse claire sur la possibilité d’organiser des événements de plus de 5.000 personnes cet été ? Un oui ou un non nous suffirait… Pourquoi est-ce si difficile de nous proposer un protocole clair et progressif pour une réouverture du secteur culturel et événementiel ? Cela nous permettrait de préparer un été qui ne serait pas vide de culture… Pourquoi est-ce si difficile de proposer des événements-tests ? Les résultats de ces tests seraient de fameux outils pour une relance progressive et en toute sécurité du secteur… Pourquoi est-ce si difficile de nous rassurer, comme la Flandre l’a fait en proposant des fonds de garantie et des soutiens financiers clairs, adaptés et proportionnels ? Ceci permettrait d’offrir au secteur des perspectives encourageantes pour l’avenir… Pourquoi est-ce si difficile de donner quelques perspectives à notre jeunesse en manque d’événements et de contacts sociaux ? Ceci éviterait sans doute de devoir envoyer la cavalerie dans les parcs…"

Fatigués de renvoyer une image gentille, les organisateurs se demandent si, en l'absence de réponse, ils devraient suivre l'exemple de l'horeca et donner rendez-vous aux festivaliers dans les parcs de Bruxelles et Wallonie, avec ou sans autorisations. Le spectre de boums à répétition est agité. "Il serait sans doute plus simple et plus efficace de répondre à nos questions qui nous paraissent à la fois urgentes et légitimes", concluent les signataires.