Depuis ce vendredi soir, ils bloquent les accès qui mènent au dépôt pétrolier de Total Feluy.

Le collectif Actions Citoyennes contre les mesures gouvernementales, à l’origine des blocages des dépôts pétroliers le 15 novembre 22h, a décidé de reprendre ses activités un an après le blocage du dépôt pétrolier S.A Total Feluy pour dénoncer l’inaction des politiques face aux enjeux sociaux, fiscaux et climatiques.

Ce vendredi 15 novembre, le rendez-vous était fixé à 19h sur le parking de la station essence de Thieu, direction Mons. Sans aucune autre indication préalable. C’est là que les organisateurs ont annoncé aux manifestants que la cible du week-end était la raffinerie de Feluy, là où tout a commencé il y a un an. Vers 20h, ils étaient une centaine à y être.

« Cette manière de procéder permet de créer l’effet de surprise, ce qui nous laisse deux trois jours d’action avant d’être éventuellement dispersés », explique Antonio Quattrocchi, ex-délégué syndical chez Total, celui-là même qui, pour Actions Citoyennes, avait initié le mouvement de contestation il y a tout juste un an.

Les organisateurs nous disent avoir compris les erreurs du passé, celles qui avaient conduit à quelques débordements entachant l’image des Gilets jaunes et rendant finalement leurs actions inopérantes. La volonté de ne pas trop franchir la ligne jaune de la légalité est assurée.

« Nous respecterons l’arrêté communal de Madame la Bourgmestre de Seneffe interdisant l’entreposage de matériaux combustibles, leur incinération ainsi que les entraves sur la voie publique dans un rayon de 500m autour des dépôts pétroliers du Zoning Industriel de Feluy. Il s’agit d’une mesure qui n’entrave pas le droit à manifester. Elle a pour seul objectif d’assurer la sécurité de tous. Il est dès lors demandé aux manifestants de respecter Scrupuleusement cet arrêté afin d’éviter toute catastrophe et de ne pas mettre en danger la population »

Concrètement, les manifestants bloquent deux rond-points avoisinant le dépôt de Feluy ainsi que les entrées et sorties d’autoroute vers Bruxelles et vers Mons.

A priori, selon nos informations, ce blocage ne s’étendra pas sur une durée aussi longue qu’il y a un an. Il devrait être suspendu au terme du week-end. Quitte a être réorganisé ultérieurement.

Là aussi, le changement annoncé est palpable. « Plus une action de blocage dure longtemps, plus il y a le risque de voir des casseurs, des hooligans rejoindre les manifestants », nous explique Antonio. « Ce qu’on veut relancer aujourd’hui, ce sont des opérations coup-de-poing, de deux-trois jours maximum. »

Ce blocage tiendra-t-il jusque là ? Le gouverneur de la province de Hainaut, Tommy Leclerc, a déjà montré les crocs : « Toute entrave à la circulation sera sanctionnée, des effectifs policiers sont mobilisable », a-t-il indiqué à RTL Info. En milieu d'après-midi, la police nous confirmait en effet avoir renforcé les effectifs en prévision d'une action du mouvement. Aux alentours de 23 heures, la police était mobilisée et les manifestants étaient invités à quitter les lieux alors que la situation semblait dégénérer. "J'invite tous les manifestants pacifiques à quitter le lieux de blocage de Feluy", indiquait sur Facebook notre interlocuteur. 

« Pour montrer qu’on est toujours là »

« La cible de ce week-end n’est pas le fruit du hasard », explique le Collectif. « Depuis plus d’un an, nous tentons de nous faire entendre via une multitude de moyens d’action. Blocages, actions symboliques, manifestations, réunions de concertation... Malgré tout, le pouvoir politique reste sourd à nos revendications. Le carburant est encore un point qui reste à l’ordre du jour, raison de la naissance du mouvement de contestation. Bloquer ou ralentir la distribution de carburant pourra peut-être attirer l’attention sur nos revendications. Diminution de la TVA sur les produits de première nécessité ainsi qu’une réduction des accises sur le carburant. Par ailleurs, il faut repenser notre fiscalité pour que l’effort soit réparti sur ceux qui ont les plus grosses épaules. Pour répondre aux enjeux climatiques, il est inutile de responsabiliser à outrance les individus. Le problème global du réchauffement climatique doit trouver des réponses politiques globales. Les plus gros pollueurs sont d’abord les grandes sociétés multinationales qui outre le fait de payer peu d’impôts sont les premières responsables de la crise climatique.

« Depuis le début nous nous battons pour le renforcement de l’offre et la réduction du prix des transports en commun, l’investissement dans les énergies vertes et l’instauration d’une fiscalité juste pour que la population puisse vivre dignement. « Trop souvent le mouvement des gilets jaunes a été taxé de mouvement climatosceptique, fasciste et contre-productif. Nous sommes des citoyens qui luttons pour la réduction des inégalités sociales et nous construisons jour après jours des convergences avec tous les mouvements qui veulent une société juste et durable », explique Marie du collectif.

Pour ce week-end, une action est également annoncée en région liégeoise.

D’autres actions seront organisées jusque décembre. « L’absence de gouvernement ne retire en rien la nécessité de devoir maintenir la pression sur le politique. »