C'est ce lundi que s'ouvrira au tribunal de première instance de Mons le procès de l'affaire Mawda. Cette petite fille kurde de 2 ans a été tuée d’un coup de feu lors d’une course-poursuite entre la police et un véhicule transportant des migrants le 17 mai 2018 sur l’autoroute E42. Deux ans et demi plus tard, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer la justice.

En marge de ce procès, le collectif Justice4Mawda avait prévu d'organiser une grande manifestation dans la Cité du Doudou ce dimanche. Face aux règles sanitaires, les organisateurs se sont tournés vers la toile pour tenter de se mobiliser. Le collectif a invité toutes personnes souhaitant s'exprimer à occuper les réseaux sociaux avec une image ou un message de soutien pour Mawda entre 14 et 16 heures.

Même si l'on ne peut dire que le nombre de participants ait été impressionnant, plusieurs internautes ont ainsi partagé de des photos, des messages ou modifié leur photo de profil en ajoutant un logo spécial. En utilisant les hashtags #Justice4Mawda et #mawdamanifvirtuellle, ils ont ainsi pu créer un rassemblement de publications sur les réseaux sociaux.

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Mais le mouvement devrait encore se poursuivre ce lundi matin. Cette fois de manière réelle. Un rendez-vous est donné devant le palais de justice de Mons "pour manifester son soutien à la famille de Mawda et pour demander justice. Il est crucial que nous exigions un procès public et que nous fassions usage de nos droits constitutionnels", lance le collectif Justice4Mawda.

Précisons toutefois que ce type de rassemblement est légalement interdit. Les règles du Gouvernement fédéral prévoient en effet des rassemblements à maximum 4 personnes en rue tout en gardant une distance d'1,5 mètre. Les organisateurs appellent au respect des mesures sanitaires (port du masque, distance et désinfection des mains) mais devront donc s'assurer d'éviter un attroupement. 

Quoi qu'il en soit, les deux passeurs et le policier qui a ouvert le feu sur l'autoroute E42 durant cette tragique nuit du 16 mai devront rendre des comptes devant la justice ces lundi et mardi. Mais pour le collectif et l'avocate des parents de Mawda, l'affaire dépasse largement le fait divers, aussi sordide soit-il. Ils rappellent en effet que le drame est survenu dans le cadre d'une opération Médusa visant à pourchasser les transmigrants pour démanteler les réseaux de passeurs.

" C'est parce qu'il y avait tout ce contexte que le policier a ouvert le feu ", souligne Selma Benkhalifa, avocate des parents de Mawda. " Il y a donc d'autres responsabilités qui doivent être mises en lumière, c'est toute la politique de migration qu'il faut pouvoir interroger. Or, jusqu'à maintenant, on nous a systématiquement refusé toute commission d'enquête parlementaire en renvoyant la balle aux tribunaux. Mais la justice explique à juste titre que ce n'est pas son rôle de juger la politique migratoire. Le gouvernement renvoie en fait la balle à quelqu'un qui ne peut pas la recevoir. "