Les étudiants universitaires sont plus nombreux que jamais à Mons. Revers de la médaille ? Il est de plus en plus difficile de trouver un kot dans la Cité du Doudou. Et pour ceux qui trouvent la perle rare, le jeu de l’offre et de la demande tend à faire exploser le prix des loyers.

La tendance est la même partout. Mais les kots montois sont tout de même les plus chers de Wallonie, avec un loyer moyen de 415 euros, selon une étude de la FEF. Cette pénurie de logements estudiantins était discutée au parlement wallon ce mardi. La députée Joëlle Kapompole (PS) a rappelé que des projets se multipliaient à Mons pour inverser la vapeur : campus smart pour l’UCL et deux immeubles en chantier pour l’UMons. 280 kots vont ainsi voir le jour à prix abordable. Mais c’est loin d’être suffisant.

John Beugnies (PTB) rappelle que selon une étude de Stadim, il faudrait 95.000 kots supplémentaires dans tout le pays d’ici 2030. "Il faut tout mettre en œuvre pour ne pas pénaliser les étudiants qui n’ont pas les moyens", préconise le député. "Aujourd’hui, certains jeunes renoncent aux études qu’ils voulaient faire parce que les cours sont donnés trop loin du domicile et qu’ils n’ont pas les moyens de koter. D’autres font de longues navettes, ce qui impacte leurs chances de réussite."

Évolution démographique, démocratisation de l’enseignement supérieur, allongement des études… Les raisons sont nombreuses pour expliquer que les étudiants sont de plus en plus nombreux. Or, les députés s’accordaient mardi, tous partis confondus, pour souligner que le manque de kots aggrave immanquablement la précarité estudiantine. Même pour les familles des classes moyennes, assumer deux voire trois enfants à l’unif devient très difficile, s’accordent André Antoine (CDH) et Olivier Maroy (MR).

Plusieurs mesures sont dans les cartons du ministre wallon du logement, Christophe Collignon. Tout d’abord, le champ d’action des Agences immobilières sociales (AIS) et des Aides personnalisées au logement (APL) va être étendu aux kots. Priorité aux étudiants en situation de précarité pour qu’ils puissent trouver un kot à loyer modéré. Le projet sera sur la table du gouvernement wallon avant la fin de l’année.

Une autre piste est celle des logements publics. Une révision de l’arrêté régissant leur financement va bientôt entrer en vigueur pour permettre de soutenir davantage la création de kots. Par ailleurs, une grille indicative tente de cadrer les loyers des logements estudiantins. Son respect est conditionné à l’octroi d’aides wallonnes pour les propriétaires. Enfin, la piste des logements modulaires est également étudiée. "Des expériences ont montré que ce n’était pas panacée", a commenté le ministre Collignon, sans fermer la porte pour autant.