La Belgique passait ce mercredi sur le grill de la Commission des Droits humains de l'ONU. L'occasion pour la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, de défendre le bilan de notre pays, mais aussi d'entendre les recommandations des autres États membres. La Belgique est régulièrement pointée du doigt pour ses prisons. L'examen à la Commission des Nations Unies n'a pas fait défaut. Et pour cause, la surpopulation carcérale et les conditions de détention dans le pays sont fortement décriées. Avec ses cellules vétustes et surpeuplées, son manque de personnel ou encore ses problèmes de punaise, l'exemple de Mons est symptomatique.

Le bourgmestre Nicolas Martin tire d'ailleurs la sonnette d'alarme depuis quelque temps déjà. Ne mâchant pas ses mots, il a déjà dénoncé une "situation catastrophique" et a même désigné la prison de Mons comme "la poubelle du pays." En novembre 2019, Koen Geens, alors ministre de la Justice, promettait quelques travaux de rénovation dans les cellules les plus abimées. Ainsi que des renforts pour le personnel. Mais la situation reste extrêmement problématique.

"Il y a eu quelques rénovations de cellules, mais c'était une intervention très sommaire. Il y a aussi un traitement pour les punaises qui n'a manifestement pas été très efficace. Du personnel a également été recruté, mais il en manque encore pour atteindre le cadre", explique le bourgmestre Nicolas Martin. "Le vrai problème, c'est que nous avons une infrastructure du 19e siècle qui est restée quasiment figée dans le temps. Elle se trouve dans un état déplorable. Les conditions de travail pour les gardiens le sont tout autant. Et pour les prisonniers aussi, les conditions de détention n'offrent certainement pas la meilleure manière d'envisager leur réinsertion. On a beau penser ce qu'on veut des gens en prison, ce sont des personnes qui tôt ou tard reviennent dans la société. Il faut pouvoir travailler correctement à ce retour."

Pour le bourgmestre de Mons, la meilleure solution serait de construire une nouvelle prison à l'extérieur du centre-ville. "Rénover le bâtiment actuel coûterait un pont. Par ailleurs, la cohabitation entre le centre-ville et la prison n'est pas bonne. Régulièrement, la police doit intervenir pour du trafic de drogue qui se déroule par-dessus le mur de la prison", poursuit Nicolas Martin. "La situation actuelle est clairement problématique. La meilleure solution serait de construire une nouvelle prison à l'extérieur de ville. Et l'UMons, qui a besoin de s'étendre, ne demanderait pas mieux que de récupérer le bâtiment."

Reste à voir si les cordons de la bourse fédérale se délieront. "Le gouvernement fédéral planche sur le prochain master plan des prisons. Mons doit faire partie du projet, c'est indispensable. Des indications allaient dans ce sens en fin de mandature précédente. Je pense que ça reste une priorité, car si on n'agit pas rapidement, on risque de rencontrer de gros problèmes par la suite. Nous avons invité Mathieu Michel, le ministre de la Régie des Bâtiments. J'espère qu'il pourra venir se rendre compte sur place de la nécessité d'avancer sur ce dossier."