On le sait, depuis la crise sanitaire, les jeunes sont de plus en plus nombreux à crier leur désarroi face à la situation actuelle. Manque de contacts sociaux, cours à distance, notre jeune génération souffre , en attestent les chiffres récemment publiés des chercheurs de l’Université de Mons.

Un an après le lancement du site web Home Stress Home, dédié à la détection et à la compréhension de l’anxiété chez les plus jeunes d’entre nous, le bilan est préoccupant. "Les symptômes dépressifs commencent à prendre une place de plus en plus importante dans les résultats chez les jeunes adultes, mais surtout, chez les adolescents", explique l’Université dans un communiqué. "Entre les vagues 2 et 3, les symptômes anxieux ont diminué pour les adolescents, alors que les symptômes dépressifs ont, eux, continué d’augmenter."

D’autant plus qu’une augmentation nette au fil du temps est observée chez les personnes présentant des symptômes d’anxiété et de dépression dans ces deux groupes. Entre mai et fin août 2020, 31.5% des adolescents ayant rempli les questionnaires montraient des symptômes d’anxiété tandis que 37.8% montraient des symptômes de dépression. Chez les jeunes adultes, ils étaient 38.5% à montrer un stress important, 40.38% à avoir des symptômes d’anxiété et 38.7% présentaient des symptômes de dépression. Et tous ces indicateurs étaient à la hausse entre septembre et fin décembre, comme le prouve le bond à 60% des symptômes dépressifs chez les jeunes adultes. Le nombre de personnes en souffrance psychologique est donc de 3 sur 5.

Et les périodes de confinement et de déconfinement ont également eu un impact. "Nos données, analysées mois par mois, nous permettent également de constater que l’augmentation des symptômes dépressifs et anxieux est importante pour les enfants les mois correspondants à des confinements, mais ils redescendent aussi très rapidement lors des déconfinements", précise l’équipe de chercheurs. "A contrario, chez les adolescents et les jeunes adultes nous pouvons voir des augmentations significatives au cours des mois correspondants aux confinements, mais ces niveaux ne redescendent p as o u peu par la suite (janvier-avril)." En d’autres termes, l’anxiété chez les jeunes adultes ne diminue pas, malgré l’ assouplissement des mesures covid.

Au total, presque 2 000 personnes ont répondu aux évaluations de Home Stress Home. Les données récoltées permettent aujourd’hui de voir l’évolution du bien-être psychologique de chaque tranche d’âge, au fil de cette pandémie . Face à la demande des utilisateurs, le site procure maintenant des évaluations du niveau de stress et un programme adapté aux adultes, en plus de celui spécifique aux jeunes adultes. Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme : le sentiment de peur glisse peu à peu vers une tristesse importante.