C'est parti. La demande de révision du plan de secteur visant à inscrire un corridor de 200 mètres de large en vue de la Boucle du Hainaut est lancée. Dès ce mercredi 24 septembre, la vidéo de présentation du projet sera disponible sur le site www.boucleduhainaut.be en guise de lancement officiel de la procédure, en lieu et place de l'habituelle réunion d'information préalable qui n'a pu être organisée à cause des mesures sanitaires.

Et dès ce samedi, les citoyens disposeront de 15 jours (jusqu'au 12 octobre) pour envoyer les remarques et suggestions par écrit au Collège communal d'une des communes concernée par le tracé. Et nombreux sont ceux qui ont déjà prévu de réagir. Ils sont aussi beaucoup à se poser certaines questions plus techniques sur le pourquoi du comment de certains choix opérés par Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité à haute tension qui porte ce projet.

Réunis devant la presse ce mercredi, les responsables du projet se sont justifiés. Notamment sur le choix d'une liaison aérienne plutôt qu'enterrée. "Techniquement, il n'est pas impossible d'enterrer une partie", admet Stijn De Sutter, responsable du projet pour le département infrastructures. "Mais cela n'est pas souhaitable car les comportements des câbles souterrains sont très différents. La fiabilité est considérablement diminuée et le risque d'incident augmente."

Elia n'exclut cependant pas, en s'appuyant sur les conclusions du rapport sur les incidences environnementales, d'évaluer par la suite la possibilité d'enfouir certaines sections, selon les demandes des communes. "Techniquement, cela demande de creuser un trou de minimum 2 mètres de profondeur. Ce sont 18 câbles qui nécessitent un couloir de 20 mètres de largeur."

© Elia

Concernant les conséquences potentielles sur la santé, une ligne enterrée n'est en réalité pas beaucoup plus recommandable. "Comme une ligne aérienne, une ligne enterrée produit aussi un champ magnétique. Et comme les câbles sont plus proches de la surface du sol, le champ magnétique est même plus puissant. La différence est que la ligne enterrée traverse essentiellement des terrains agricoles et non des zones d'habitat puisqu'il faut creuser. Donc les câbles enterrés sont plus loin des gens."

En ce qui concerne le choix du tracé actuel, Elia explique avoir étudié de nombreuses autres alternatives. "Mais le tracé choisi est celui qui permet de concilier au mieux différents critères", assure Maxime Habran, responsable du projet. "Certains tracés permettent de récupérer davantage de tracés de ligne à haute tension mais sont beaucoup plus impactants pour les zones d'habitat. D'autres restent plus le long d'infrastructures actuelles mais sont plus impactants en terme paysager. Après deux années d'étude, nous avons donc opté pour ce corridor en veillant à ce que le projet soit pensé de la manière la plus cohérente avec le reste des infrastructures présentes et de la manière la plus respectueuse de l'environnement."

Par ailleurs, certains se posaient la question de la réutilisation de lignes à haute tension déjà existantes. "Nous avons examiné l'ensemble des lignes 150 kV et 70 kV existantes. Nous avons constaté que la ligne 150 kV qui va jusque Chièvres ainsi que la 70 kV entre Ath et Lens ont une fin de vie relativement proche. Elles seront donc mises en souterrain dans un premier temps pour laisser le corridor à la 380 kV. Ailleurs, les autres lignes 150 kV, notamment du côté de Mons et La Louvière, ne sont pas sujettes à des démontages dans les 30 prochaines années. Donc ce n'est pas envisageable partout. On ne peut pas upgrader une ligne existante aussi facilement."

Quid enfin d'éventuelles expropriations pour la construction des futurs pylônes ? "Nous ne sommes qu'à l'étape du corridor", répond Maxime Habran. "Nous n'avons pas encore d'idée précise de l'endroit où l'on implantera les pylônes donc on ne sait pas quel bâtiment sera potentiellement concerné. D'autant que le corridor est amené à évoluer dans les prochains mois."

Elia rappelle en effet que le travail d'étude d'alternatives au tracé actuel n'est pas terminé. D'autres alternatives seront étudiées dans le cadre du rapport sur les incidences environnementales. 

© Elia

© Elia