Elles voulaient dénoncer les dernières mesures de confinement, mais n'avaient pas eu l'autorisation de se rassembler. Mercredi, plus de 200 personnes ont tout de même manifesté sur la Grand-Place de Mons pour "défendre les droits de tous".

Les autorités montoises avaient mis leur veto, car après des incidents survenus à Bruxelles et en Wallonie, et informées du risque d'infiltration de casseurs, elles craignaient que la manifestation dégénère. Difficile cependant d'empêcher des groupes de personnes de rejoindre la Grand-Place. Plutôt que de chercher vainement une confrontation qui aurait pu mal tourner, les forces de l'ordre ont été déployées pour encadrer le rassemblement et prévenir d'éventuels débordements.

"Malgré l’interdiction formelle et les appels à la prudence réitérés par les autorités, les trois organisatrices ont décidé de maintenir leur appel au rassemblement et à la manifestation. Face à cette réaction, aux nombreuses personnes attendues et aux menaces réelles de débordement, nous ne pouvions prendre aucun risque", précise le bourgmestre Nicolas Martin. "A Mons, il est de coutume d’observer une grande latitude quant à l’expression des points de vue dans l’espace public, même durant la pandémie. Une quinzaine de manifestations ont d’ailleurs eu lieu depuis janvier. C’est aussi avec cette latitude et ce discernement que les policiers montois ont agi ce mercredi. Notre priorité absolue était d’éviter tout débordement et surtout, d’empêcher que des personnes mal intentionnées ne s’en prennent aux biens et aux personnes. Grâce au travail efficace et discret de la police, cet objectif a été atteint."

Malgré la communication du refus d'autoriser la manifestation et du risque de troubles, plus de 200 personnes se sont rassemblées mercredi sur la Grand-Place. Devant cet état de fait, les autorités expliquent que l’essentiel du travail policier a été de maintenir l’ordre public, notamment en identifiant de potentiels fauteurs de troubles et en maintenant l’équilibre indispensable de sécurité publique. "La gestion réussie d'une manifestation ne se mesure pas au nombre d'arrestations ou de PV", rappelle le chef de corps, Jean-Hubert Nicolay. "L'objectif premier est d'atteindre un juste équilibre entre les attentes des manifestants, la sécurité de la population et des commerçants et la gradation proportionnelle de l'action policière. Tout cela s'inscrit pleinement dans le principe d'une gestion négociée de l'espace public, orientée vers le dialogue et la résolution pacifique des conflits."

Si tout s'est finalement déroulé sans encombre, les autorités montoises ne vont pas applaudir le rassemblement. Elles indiquent que les organisatrices ont enfreint les lois en vigueur par rapport aux règles fixées par le gouvernement sur les manifestations (50 personnes statiques maximum), mais aussi en ne respectant pas la non-autorisation. Par voie de communiqué, les autorités "rappellent que l’organisation d’une manifestation repose sur les épaules des personnes qui en sont à l’initiative et que ce n’est pas un acte à prendre à la légère. Tout débordement et toute dégradation, même non souhaités par les organisateurs, peut en effet engendrer une prise de responsabilités des organisateurs." Et de conclure que le Parquet de Mons sera amené à se positionner sur les infractions constatées lors de cette manifestation non autorisée.