La manifestation pour les droits de tous prévue cet après-midi à Mons n'a pas été autorisée par le collège de police. La nouvelle est tombée mardi en fin de journée. Et pour les trois étudiantes de la région à l'initiative du rassemblement, la déception est grande.

"Nous avions tout prévu jusque dans les moindres détails. Nous avions même préparé de la musique. Pas pour faire la fête, plutôt des chansons qui vont avec le message que nous voulons faire passer et qui est positif", expliquent Sandrine et Frédérique. "Nous voulons redonner du sens au mot "demain". Dès le départ, nous avons pris contact avec la police pour que l'événement soit bien encadré. Nous avons rempli un tas de formulaires. Nous voulions vraiment travailler avec la police, nous ne sommes pas contre les forces de l'ordre."

C'est juste après le dernier comité de concertation, annonçant un nouveau tour de vis, que les trois étudiantes ont eu l'idée de cette manifestation. "Nous pensons que les autorités en font beaucoup trop avec le coronavirus et ne se rendent pas compte de tout l'impact des mesures qui sont prises. Bien sûr, il faut se protéger du virus, mais à côté de ça, il y a des indépendants, des commerçants ou encore des étudiants qui sont dans une profonde détresse. Il y a les chiffres de l'épidémie, mais il y a aussi des dépressions, des suicides, des malades hors-covid qui ne sont pas suffisamment pris en charge… Si le virus est si virulent, pourquoi ne donne-t-on pas plus de moyens aux hôpitaux?"

Le coronavirus est virulent et appelle des mesures pour stopper l'épidémie. Des pays comme les États-Unis, le Brésil ou le Royaume-Uni, qui avaient dans un premier temps minimisé la crise sanitaire et les mesures de protection ont fini par faire machine arrière, face à l'explosion du nombre de morts. Mais l'initiative de cette manifestation montoise et l'énorme engouement qu'elle a suscité sur les réseaux sociaux montrent que les mesures drastiques décidées au début de la pandémie peuvent difficilement susciter l'adhésion sur le long terme auprès d'une frange de plus en plus grande de la population. C'est un élément important à prendre en compte dans la gestion de la crise. La campagne de vaccination et le déploiement de tests rapides permettront peut-être de changer la donne. Il y a en tout cas urgence.

En attendant, à Mons, sans formellement prendre part à une manifestation qui n'est pas autorisée, certains comptent bien "se promener" malgré tout. La police, elle, se dit vigilante car elle a reçu assez d'informations pour présumer la présence de casseurs. "L'interdiction de la manifestation a suscité pas mal de colère, mais nous voulons que notre mouvement reste pacifique. On veut montrer qu'il n'est pas nécessaire d'être violent et qu'on peut faire bouger les choses avec un message positif. Nous prônons le tous ensemble et nous aurions voulu pouvoir travailler avec la police pour garantir la sécurité de l'événement. En tout cas, on ne baissera pas les bras, on continuera à défendre pacifiquement les droits de tous", concluent les deux étudiantes.