Le procès de Marjorie Leclercq, 44 ans, débute jeudi aux assises du Hainaut à Mons avec le tirage au sort du jury. La Montoise est accusée d'avoir volontairement mis le feu à la maison de sa voisine, à la rue du Pont Beumier à Jemappes, avec la circonstance que l'incendie a causé la mort de Patricia Allemeersch. Les faits ont eu lieu le 12 novembre 2017. Marjorie Leclercq est aussi accusée de faux en écriture, de vols simples, de fraude informatique et d'abus de confiance. Elle a avoué avoir utilisé frauduleusement la carte bancaire de sa voisine, ce qu'elle avait déjà fait auparavant avec d'autres victimes.

Le 12 novembre 2017, peu avant 21 heures, les services de secours ont été avisés qu'un incendie ravageait une maison sise à la rue du Pont Beumier à Jemappes. A l'intérieur de la maison, ils ont retrouvé le corps sans vie de Patricia Allemeersch, née en 1961, gisant à l'entrée de sa cuisine.

Patricia Allemeersch
Patricia Allemeersch © D.R.

L'alerte avait été donnée par sa voisine, Marjorie Leclercq, laquelle a raconté aux enquêteurs que sa voisine était dépressive et qu'elle avait manifesté, à plusieurs reprises, sa volonté de mettre fin à ses jours. Cependant, personne dans l'entourage immédiat de la victime n'a cru à la thèse d'un suicide, et encore moins dans un incendie, car elle avait peur du feu, suite au décès de l'une de ses amies dans un incendie. Selon le médecin légiste, la victime était encore vivante quand le feu a été bouté. Quant à l'expert incendie, il a constaté plusieurs foyers et la trace d'un produit accélérant dans la maison.

Enfin, en janvier 2018, les enquêteurs ont constaté des mouvements inhabituels sur le compte bancaire de la victime, peu de temps avant l'incendie. Une partie de l'argent a été transférée vers le compte de Marjorie Leclercq, privée de liberté le 12 mars 2018 par le juge d'instruction. Marjorie Leclercq n'avait aucun antécédent judiciaire au moment des faits mais elle était connue de la police pour des faits de faux, de vol et d'utilisation frauduleuse de cartes bancaires.

L'affaire sera plaidée sur le fond dès le lundi 8 mars dans une salle d'audience spécialement aménagée en raison de la situation sanitaire.