Jean passait une nouvelle fois devant la barre du tribunal correctionnel de Mons ce jeudi après-midi. Ce sans domicile fixe montois est poursuivi par un policier de la zone Mons-Quévy pour outrage et menaces de mort.

Le procès s’était ouvert en février dernier. L’avocate de Jean, Me Forget, avait plaidé le délit de presse, car c’est sur Facebook que son client avait déchargé sa colère. Jean expliquait avoir été violenté par des policiers dans la rue. Son chien serait décédé à la suite de cette altercation. Jean avait tenté à plusieurs reprises de déposer plainte, sans succès. Sous le coup de la colère, il avait alors tenu des propos incendiaires sur la page Facebook de la zone Mons-Quévy, menaçant directement l’inspecteur avec qui il avait eu une altercation.

En février, le procureur du Roi avait demandé l’internement de Jean, estimant qu’il n’était pas responsable de ses actes. Le procureur s’appuyait sur une expertise médicale de 2016, confirmée par un rapport de 2019. Mais l’avocate de Jean avait expliqué que la santé de son client avait bien évolué depuis. L’audience avait donc été reportée à ce 21 avril. La défense devait entre-temps fournir une nouvelle expertise médicale.

Cette nouvelle pièce a été déposée au dossier jeudi. Le dernier rapport indique que l’état de santé global de Jean" s’améliore de jour en jour" et relève une "diminution des idées délirantes." Me Forget étant en quarantaine et les différentes parties n’ayant pu prendre connaissance de la nouvelle expertise, l’audience a été une nouvelle fois repoussée.

Rappelons qu’entre-temps, la plainte que Jean a enfin pu déposer pour la mort de son chien a été classée sans suite par le Parquet pour absence d’infraction. Un rapport vétérinaire explique en effet que la mort du chien ne serait pas liée à d’éventuels coups reçus. De quoi faire bondir l’entourage de Jean qui, après avoir été confronté à de multiples diagnostics, doute fortement du rapport vétérinaire. Les proches de Jean estiment qu’on essaie d’étouffer l’affaire et de protéger un policier qui serait connu pour être violent envers les SDF." Il n’y a pas justice pour les pauvres", résume Jean.

De son côté, la police de Mons avait indiqué prendre la plainte très au sérieux et ne pas tolérer la violence au sein de sa zone. À la sortie de l’audience jeudi, l’avocat du plaignant, Me Discepoli, a réaffirmé qu’il n’y avait pas de lien entre la mort du chien et son client." Et même s’il y en avait, ce qui n’est pas le cas, ça n’autorise pas à proférer des menaces de mort." Reste à voir si ces menaces constituent un délit de presse. Réponse en octobre.