Le président de la cour d'assises, Adrien Van Der Linden D'Hoogvorst, a interrogé Adrien Curon, lundi matin lors du premier jour du procès, sur les faits commis le 23 avril 2019 dans son appartement à Mons.

Le Montois doit répondre d'un meurtre mais aussi d'attentats à la pudeur, d'outrages publics aux mœurs et de détention d'images à caractère pédopornographique. Le 8 juin 2015, l'accusé s'est masturbé devant la voisine de sa maman. "Je devais aller aux toilettes au fond du jardin, je ne sais pas ce qui m'a pris", dit-il. Le 15 avril 2017, il s'était masturbé devant un film pornographique. "Je n'ai pas vu que la voisine me voyait à travers la fenêtre". L'analyse de son ordinateur a fait apparaitre des recherches sur internet et les policiers ont découvert trente-sept fichiers pédopornographiques. Il ne se souvient plus d'avoir fait des recherches en ce sens. 

L'accusé a ensuite déménagé dans l'immeuble du Boulevard Saintcelette, où il a sympathisé avec Céline Doignon qui vivait avec sa petite fille au premier étage de l'immeuble. Lors du Doudou 2018, la fille de Céline, âgée de trois ans, dit avoir vu le sexe d'Adrien. "La petite m'a surpris en train d'uriner". Selon la disposition des lieux, la petite n'aurait pas dû voir le sexe de l'accusé, a fait remarquer le président. 

Le 22 avril 2019, l'accusé s'est levé vers sept ou huit heures. Il s'est rendu au travail, jusque 23 heures. "Céline m'avait envoyé des messages, me demandant des pastilles pour la gorge pour sa fille, je n'en avais pas". Trois messages ont été envoyés, et un appel en absence a été fait à 23h07. Les voisins se sont rejoints en face de l'immeuble et sont allés faire des courses en face de la gare de Mons. Ils sont ensuite rentrés dans l'immeuble du Boulevard Sainctelette. Ils ont bu un verre chez l'accusé. 

"Elle m'a demandé si elle pouvait nettoyer mon appartement et j'ai accepté. Elle a pris de la cocaïne dans la cuisine, ce que je n'ai pas accepté, son comportement a changé, elle déchirait mes tee-shirts, du carton. On s'est bousculé, elle a pris un couteau qui se trouvait sur le meuble de la cuisine. J'ai paniqué quand j'ai vu le couteau, je l'ai pris et j'ai tapé sans réfléchir. Je n'ai pas compris ma réaction". 

Toutefois, il précise que Céline n'a pas fait de gestes d'attaque envers lui. Il lui a porté 25 coups de couteau dans le haut du tronc, alors qu'elle était accroupie, sectionnant la jugulaire. "J'ai essayé de trouver une excuse pour dire que j'avais agi en état de légitime défense". C'est ainsi qu'il s'est blessé à la main. Enfin, il précise que la victime a tenté de fuir. Il l'a achevée en la frappant à la gorge, devant sa fille qui était réveillée.