Le juge d'instruction et les policiers chargés d'enquêter sur la mort de Céline Doignon, tuée de 25 coups de couteau le 23 avril 2019 à Mons, sont venus témoigner devant la cour d'assises, lundi. Celle-ci juge Adrien Curon, en aveux du crime. Selon les enquêteurs, l'accusé aurait dû se blesser à la main droite et non à la main gauche s'il avait tenté de désarmer la victime, armée d'un couteau, car il est droitier.

Quand les premiers policiers sont entrés dans l'appartement du rez-de-chaussée de l'accusé, boulevard Sainctelette à Mons, il y avait du sang partout. La victime était couchée sur le dos, couverte de sang, près de la porte d'entrée. Sur celle-ci, les policiers ont retrouvé la trace d'une main glissante vers le bas, sous la poignée de la porte. Selon les policiers, la jeune femme a probablement voulu ouvrir la porte, en vain, pour fuir.

Lundi matin, l'accusé avait déclaré que Céline avait tenté de fuir après les premiers coups et qu'il l'avait achevée en la frappant avec son couteau, au niveau de la gorge.

Adrien Curon était couvert de sang, sa main gauche était bandée. Il a déclaré qu'il s'était blessé en désarmant Céline Doignon, qui tenait le couteau en main. Pour les enquêteurs, cela ne tient pas la route car, alors, il se serait blessé à la main droite vu qu'il est droitier. "J'ai essayé de trouver une excuse pour dire que j'avais agi en état de légitime défense", a déclaré l'accusé.

Selon les policiers, les faits ont eu lieu entre 0h50 et une heure du matin, car un voisin a entendu des cris, dont "arrête" et le déplacement de meubles endéans ces 10 minutes. Toutefois, Adrien Curon a appelé les secours une heure plus tard.

L'arme du crime, le couteau, a été retrouvée sur une table alors que deux sabres se trouvaient près du corps de la victime. Selon les enquêteurs, ils ont été placés à cet endroit après le crime, car il y avait peu d'hémoglobine sur ces armes.

Les policiers ont auditionné le seul témoin des faits, la fille de la victime, âgée de quatre ans. Elle a raconté qu'Adrien avait attrapé sa maman, qu'il l'avait poussée au sol et qu'il avait "coupé" sa maman devant la porte, "car elle voulait nettoyer". La fillette s'est souvenue qu'Adrien bandait sa main gauche.

Le corps de la victime a été autopsié. Une vingtaine de traces de coups de couteau ont été relevées dans le dos et sur le crâne. Des traces de défense ont aussi été constatées sur le corps. Interpellé, Adrien Curon a donné plusieurs versions contradictoires sur les faits. Lundi matin, il a donné une nouvelle version, déclarant qu'il avait frappé Céline alors qu'elle était accroupie devant lui. Il a aussi déclaré qu'il a dit toute la vérité lors de son interrogatoire par le président de la cour d'assises.