Les derniers experts judiciaires ont témoigné, mardi devant la cour d'assises, dans le cadre du procès d'Adrien Curon, accusé du meurtre de Céline Doignon, commis à Mons le 23 avril 2019, et de divers faits de mœurs. La jeune femme a été tuée de vingt-cinq coups de couteau devant sa fille, âgée de quatre ans. Une psychologue, qui a rencontré la fille de la victime, témoin de la scène de crime, relate qu'il a été difficile d'auditionner l'enfant. "Elle était très agitée, son discours était peu structuré, il y avait des signes de trouble de l'attention assez évidents", a déclaré l'experte.

Un an plus tard, en 2020, la petite fille a été entendue au sujet de potentiels faits de mœurs. "Elle a d'abord refusé de répondre. Puis elle e a confirmé ce qu'elle avait dit à la psychologue, qui la suivait depuis plus d'un an". L'enfant, qui a déclaré que l'accusé lui avait montré son sexe le soir du crime, avait des difficultés à aborder cette partie du dossier.

L'accusé a fait l'objet d'un examen mental effectué par un psychiatre et un psychologue. "Il a qualifié son enfance de banale et heureuse, même s'il n'a pas connu son père biologique et que sa relation avec son beau-père fut difficile. Il a expliqué qu'il avait fait l'objet de faits de harcèlement scolaire, ce qui le faisait exploser de rage", a déclaré le psychiatre.

Aucune maladie mentale n'a été détectée, l'accusé est donc responsable de ses actes. Par contre, des traits de personnalité schizoïde ont été relevés, l'accusé ayant des difficultés à exprimer ses émotions. Il reste distant et froid. L'accusé est aussi "borderline", instable, impulsif, colérique avec une peur panique de l'abandon. "Des passages de colère extrêmes peuvent apparaître", a déclaré le psychologue. Selon le psychiatre, une crise de colère peut engendrer une perte de contrôle, sans rupture avec la réalité.

Peu mature, l'accusé est souvent d'humeur morose, ruminant ses difficultés personnelles. Toutefois, il ne présente aucun signe de dépression, selon le psychologue qui a remarqué que l'accusé parlait des faits avec une certaine froideur, comme il l'a démontré lundi lors de son interrogatoire devant la cour. Il ne conteste pas les faits mais émet des regrets sur son passage à l'acte. Le psychologue note également que l'accusé a caché la présence de la petite fille sur la scène de crime.

Au sujet des faits de mœurs, l'accusé a déclaré qu'il avait besoin de montrer son sexe. Les experts n'ont pas investigué ce volet du dossier.

L'accusé a évoqué des consommations d'alcool dès l'âge de 13 ans, mais pas quotidienne. Les toxicologues ont retrouvé du Tramadol, un antidouleur de classe 2, dans le sang et l'urine de l'accusé. Il y avait peu d'alcool dans le sang, mais un peu plus dans les urines, signe d'une consommation lointaine. Du Tramadol a aussi été retrouvé dans le sang de la victime, ainsi que des traces de cocaïne.