Les parties civiles ont entamé mercredi leurs plaidoiries dans le cadre du procès aux assises d'Adrien Curon, accusé de meurtre et de divers faits de mœurs. Selon les avocats de la famille de Céline Doignon, la victime, celle-ci a été tuée car elle a surpris Adrien Curon entrain d'exhiber son sexe devant sa fille. "Il cache cette partie de sa personnalité, car il a honte, car cela lui rappelle son père", a déclaré Me Laura Danneau. Les recherches sur internet ont démontré qu'il regardait des images et vidéos à caractère pédopornographique. L'accusé s'est aussi masturbé deux fois devant les enfants de sa voisine. "Il n'a pas supporté que sa perversité soit dévoilée au grand jour et il a décidé de la faire taire en lui portant une vingtaine de coups de couteau (?) Il s'est même entaillé la main, après le meurtre, pour faire croire à une attaque de Céline, quelle perversité !", a poursuivi l'avocate.

Céline Doignon, frappée par derrière, a tenté de se défendre, les lésions constatées sur son corps, l'attestent. "Elle a tenté de fuir, il lui a fait un croche-pied et l'a frappée dans le cou". Une trace de main glissant sur la porte démontre la tentative de fuite.

Me Fabrice Guttadauria, est convaincu qu'il s'agit bien du mobile de l'accusé, car la petite fille a donné trop de détails lorsqu'elle a expliqué, quelques mois après le crime, qu'Adrien Curon lui avait montré son sexe en érection. "L'accusé a manifestement été surpris par Céline Doignon qui nettoyait son appartement".

Lundi, l'accusé a donné une nouvelle version, déclarant que Céline était accroupie quand il l'a frappée avec son couteau et qu'il l'avait tuée car elle avait consommé de la cocaïne chez lui, ce qu'il n'aurait pas supporté. Toutefois, selon l'avocat, Adrien Curon savait très bien que Céline consommait de la cocaïne, il l'a accompagnée pour en acheter la nuit du crime, et la consommation de cette drogue chez lui n'était pas le mobile.

"Elle a vu quelque chose que l'accusé est incapable d'assumer, qui le place dans une catégorie de personnes dont il ne veut pas faire partie", a expliqué Me Guttadauria. "Céline l'a surpris et il ne fallait pas qu'elle parle, qu'on sache qui il est vraiment et qu'il réponde de ce genre de faits devant la justice".

L'accusation requiert la culpabilité

Anne Maschietto, avocate générale de la cour d'assises du Hainaut, a demandé mercredi au jury de déclarer Adrien Curon coupable du meurtre de Céline Doignon et de détention d'images à caractère pédopornographique, d'outrages publics aux mœurs et d'attentats à la pudeur sur la fille de la victime, âgée de quatre ans au moment des faits. L'avocate générale a passé en revue les questions posées au jury. Tout d'abord, le meurtre commis le 23 avril 2019. Le caractère volontaire de l'agression ne fait aucun doute. L'intention morale non plus, en raison de la nature de l'arme, de l'endroit où les coups ont été portés, du nombre de coups et de la violence exercée par l'auteur.

Ensuite, les attentats à la pudeur commis sur la fille de la victime, entre le 1er mai 2018 et le jour des faits. L'enfant a déclaré que l'accusé lui avait montré son sexe, "à trois plus trois" reprises. "On aurait pu croire que c'était un accident, jusqu'au moment où l'enfant a dessiné un sexe en érection", a estimé Anne Maschietto. L'accusation considère que la surprise et la ruse sont établies dans le cas présent.

Enfin, les autres questions concernent les outrages publics aux mœurs, commis à l'égard de la voisine de la maman de d'Adrien Curon et de ses enfants, mineurs. L'accusation estime que l'homme s'est coupable de ces faits quand il s'est masturbé, à deux reprises, en 2015 et 2017, au fond de son jardin et à la fenêtre de sa chambre. Il a été vu par la voisine.

Selon l'accusation, l'accusé a également téléchargé des images à caractère pédopornographique.