Le procès de Christian Colpin a repris, mardi, devant la cour d'assises du Hainaut en l'absence d'un juré suppléant qui s'est mis en quarantaine en raison d'un potentiel cas de Covid dans l'école de ses enfants. Le président de la cour a tenu à rappeler les gestes de sécurité élémentaires à adopter. Le procès a repris avec l'audition des experts en santé mentale.

Les experts psychiatre et psychologue Xavier Bongaerts et Donatien Macquet ont procédé à l'examen mental de l'accusé. Ils notent que Christian Colpin se défend d'avoir été agressif envers son épouse. 

Lundi, l'enquête réalisée par la police a démontré l'inverse. L'accusé a été présenté comme un homme dur, cruel, violent, tyrannique et égoïste. Ce dernier point a été relevé par les experts, lesquels ont aussi observé une certaine irritabilité chez l'accusé. 

L'accusé fait part d'une provocation de la part de la victime et éprouve de la rancœur "due au fait qu'il estime l'avoir toujours soutenue durant leur vie commune". Il évoque leur séparation sur le mode d'un abandon et d'une trahison. Après plus de cinquante ans de mariage, Colette Daully avait choisi de quitter le domicile familial en novembre 2017. 

Sa personnalité est décrite comme faite "d'un style plaintif et réactif" et des limites empathiques. Il présente un discours entier et semble peu affecté, sauf quand il évoque la visite de sa fille en prison. 

L'accusé n'a pas d'antécédent dépressif ou de stigmates anxieux et garde malgré son âge des capacités cognitives suffisantes. Les faits s'inscrivent, pour l'accusé "dans le cadre de la discorde conjugale, avec une perception de trahison et d'abandon par son épouse à son égard". 

Le rapport conclut que "l'intéressé n'était pas au moment des faits -et n'est pas actuellement au moment de l'expertise- atteint d'un trouble mental qui aurait aboli ou gravement altéré sa capacité de discernement ou de contrôle de ses actes". 

Le 30 juillet 2018, Christian Colpin a abattu sa femme d'un coup de feu tiré entre la nuque et l'oreille gauche. Colette Daully, 69 ans, est morte sur le coup dans la maison de l'accusé située le long de la rue de la Prévoyance à Mons.