Me Jean-Edmond Mairiaux, avocat de Christian Colpin qui a été reconnu coupable d'un assassinat mercredi, a demandé à la cour d'assises du Hainaut de ne pas prononcer une peine trop importante contre l'assassin âgé de 75 ans. "Laissez-lui l'espoir de mourir en liberté", a déclaré l'avocat. "Le procès que l'on fait est le procès de toute sa vie, pas uniquement ce qui s'est passé le 30 juillet 2018. Je ne peux pas imaginer la colère, la haine que ses filles peuvent légitimement manifester mais je salue leur dignité", a déclaré l'avocat en début de plaidoirie.

L'avocat avoue que, mardi, lors des témoignages, il a eu l'impression de défendre le diable, un être décrit comme égoïste, tyrannique, alcoolique, cruel. Mais, il avait le devoir de défendre ce vieil assassin, qui est assis dans une chaise roulante et assisté d'une bonbonne d'oxygène depuis le procès. "Je demande au jury de voir Christian Colpin dans sa globalité, de retenir le mauvais mais aussi de voir qu'il y a eu du bon dans sa vie", a-t-il déclaré.

L'avocat retient l'absence d'antécédent judiciaire en matière correctionnelle comme circonstance atténuante, comme l'avait retenue pus tôt l'avocat général. Il en retient d'autres. "Un voisin est venu témoigner et a dit ceci: il réparait son vélo quand il était gamin. Cela reste quelque chose de positif. Selon sa fille, il était courageux quand il le voulait. Un autre témoin a dit qu'il était charmant quand il n'avait pas bu, c'est la boisson qui le rendait fou. Un autre a dit qu'il était toujours disponible pour réparer ses véhicules".

L'avocat a entendu son client demander deux fois pardon devant la cour. Selon lui, c'est un premier pas vers la rédemption. "Il est resté bloqué dans son époque, éduqué par une grand-mère qui le laissait tout faire, qui ne fixait pas de garde. On lui a laissé penser que l'homme était roi et que la femme n'était rien. Il a reçu quantités de mauvais signaux dans son enfance et il est resté avec ça".

Selon sa défense, Christian Colpin est déjà condamné à un désert affectif, à être seul dans sa cellule. "J'ai fait les travaux dans les maisons de mes filles, voilà comment on me remercie", a déclaré l'assassin, juste avant l'envoi du jury en délibération.

Mercredi soir, le jury avait prononcé la culpabilité de Christian Colpin pour un assassinat. Les jurés ont estimé que les notes retrouvées dans un carnet rouge suffisaient pour retenir la circonstance aggravante de préméditation. Le 30 juillet 2018, Christian Colpin a abattu Colette Dauly d'une balle dans la tête. Une peine de 21 ans de réclusion criminelle a été réclamée par l'accusation, jeudi matin. Le collège, formé par le jury et la cour, est entré en délibération à 10h08.