Gilles Dupuis, avocat général devant la cour d'assises du Hainaut, a requis la culpabilité de Christian Colpin, 75 ans, accusé d'avoir assassiné son épouse à Mons le 30 juillet 2018. Pour l'accusation, la thèse de l'assassinat demeure à l'issue des débats qui ont eu lieu durant deux jours aux assises. L'accusé a prétendu qu'il voulait seulement faire peur à son épouse et qu'il n'avait pas eu l'intention de la tuer. Pour statuer sur l'intention d'homicide, l'avocat général retient l'usage d'une arme (un pistolet 22LR en parfait état de fonctionnement), la localisation du tir (la tête) et la distance du tir (cinq à dix centimètres selon l'expert en balistique). L'accusé a fait un commentaire, à froid, à l'arrivée des policiers. "Hé oui fieu, c'est moi, je lui ai tiré une balle din stiète."

Le crime était prémédité pour l'accusation. "Nous avons un élément capital: le carnet rouge contenant un texte écrit de sa main", insiste l'avocat général. "De là où elle va elle ne fera plus de mal à personne elle en a déjà fait assez, je suis triste d'en arriver là mais c'est ce qui reste comme solution autrement elle va continuer à détruire tous ceux qui l'entourent", a écrit l'accusé, quelques jours avant le drame et pas en novembre 2017 comme il le prétend car il fait référence à son 73e anniversaire, qui a eu lieu le 19 juillet.

L'accusé ne supportait pas que son épouse refuse de revenir vivre avec lui, de manière définitive. Le 7 novembre 2017, elle avait décidé de le quitter. En mai 2018, elle avait accepté de revenir lui faire ses courses et son diner. Il la suspectait d'avoir un amant. Il y croyait et il n'arrêtait pas d'en parler dans son voisinage. "Il ruminait de sombres pensées homicides et il les a écrites dans son carnet rouge", insiste l'avocat général. "La victime a même confié à un témoin qu'il allait lui tirer une balle dans la tête. Les craintes d'homicide ont été relatées auprès de plusieurs témoins. Il a préféré la tuer que de se retrouver seul."

L’enchaînement des faits prouve aussi, selon l'accusation, que le crime était réfléchi. "Il se saisit de son arme alors qu'elle est allée dans la salle de bains. Quand elle revient, il se lève et tire à bout portant dans la tête de son épouse. Le projet criminel, auquel il pense depuis une dizaine de jours, est accompli."

Enfin, concernant la question de la provocation, l'avocat général estime qu'elle n'existe pas. "Pour qu'il y ait provocation, il faut une réaction par rapport à des violences. Or, il tient l'arme avant les propos qui auraient été tenus par la victime, lesquels ne représentent pas des violences graves."

Enfin, l'accusé doit aussi être reconnu coupable d'avoir détenu plusieurs armes sans autorisation.