Mardi après-midi, les trois filles de Christian Colpin et de Colette Daully sont venues expliquer à la cour d’assises le calvaire qu’elles avaient vécu durant leur enfance avec leur père quand il était sous l’effet de l’alcool.

Christian Colpin et Colette Daully ont eu trois filles. Chez eux, les disputes et les insultes étaient quotidiennes. Leur mère était la servante d’un homme qui buvait et qui était très violent quand il était en état d’ivresse, ont-elles raconté.

La plus jeune a été la première à témoigner. "Même si je le déteste, j’ai encore de la pitié pour lui. Malheureusement pour moi, il restera mon père", dit-elle. La trentenaire évoque un homme qui avait des doigts en or et qui pouvait être courageux quand il le voulait mais qui buvait beaucoup et était violent avec sa femme et ses enfants. C’était aussi un pervers, a-t-elle expliqué. Petite, elle se cachait sous sa couette pour échapper à son père, qui l’invitait à aller le rejoindre dans le lit.

L’aînée se souvient que son père l’a menacée de mort, à plusieurs reprises, en exhibant une arme à feu car elle avait entendu les conversations avec sa maîtresse. Il l’a aussi obligée à dormir durant trois nuits, dehors, sur un banc. Comme sa sœur, plus jeune de deux ans, elle regrette que leur mère n’ait pas su les protéger face à lui. Par contre, elle a pu constater que sa mère avait protégé sa fille. "Toutes les occasions étaient bonnes pour sortir les armes", dit-elle.

Enfin, la deuxième fille du couple a confirmé que son père s’était montré cruel en tuant le chien de la famille et un pigeon qu’elle avait reçu en cadeau. "Cela me fait mal d’entendre tout ça car beaucoup de choses sont des mensonges. J’ai tué le chien car il était devenu fou. Il avait sauté à la gorge de ma femme. Quant aux pigeons, ce sont elle et sa mère qui les tuaient", a déclaré l’accusé.

Christian Colpin est accusé d’avoir assassiné Colette Daully, le 30 juillet 2018, dans sa maison située le long de la rue de la Prévoyance à Mons. Il a contesté l’intention d’homicide, arguant qu’il voulait faire peur à son épouse qui l’avait quitté mais qui avait accepté de continuer à faire ses courses.