La cour d'assises du Hainaut a condamné, jeudi, Christian Colpin à une peine de réclusion criminelle à perpétuité, ne retenant aucune circonstance atténuante. La veille, le Montois, âgé de 75 ans, avait été reconnu coupable d'avoir assassiné son épouse, Colette Daully, le 30 juillet 2018 à Mons. Il lui avait tiré une balle dans la tête. Le 30 juillet 2018, vers 17h30, un coup de feu a éclaté au numéro 27 de la rue de la Prévoyance à Mons. A l'intérieur de la maison de rangée se trouvaient Christian Colpin, 75 ans, et Colette Daully, 69 ans.

Colette était partie du domicile conjugal en novembre 2017 après cinquante ans de mariage. Elle avait décidé de mettre fin à un demi-siècle de tyrannie et de se séparer de son bourreau, l'homme qui la maltraitait, qui l'humiliait, qui la trompait et qui a même commis des faits de mœurs sur ses trois filles. Christian n'a pas compris pourquoi sa femme s'en était allée. Il s'est alors mis à sa recherche, ne manquant pas de la harceler, de l'épier et de faire du chantage à la plus jeune de ses filles, accusée à tort de la séparation.

En mai 2018, Colette a craqué. Elle a accepté de revoir son mari, de lui faire ses courses et même de lui préparer à manger. Chaque jour, elle se rendait à Mons et les disputes reprenaient. Mais elle n'envisageait pas de reprendre la vie commune. Le 19 juillet, Christian célébrait son 73e anniversaire. Il fustigeait le fait que sa femme ne fasse pas la fête avec lui. Il s'est mis à gribouiller quelques lignes dans un carnet. "De là où elle va elle ne fera plus de mal à personne elle en a déjà fait assez, je suis triste d'en arriver là mais c'est ce qui reste comme solution autrement elle va continuer à détruire tous ceux qui l'entourent".

Le 30 juillet, Colette s'est rendue chez Christian, en bus. Elle lui a préparé à manger et s'est assoupie dans le divan sous l'effet des médicaments qu'elle prenait. A son réveil, une dispute a éclaté. Il voulait qu'elle revienne vivre avec lui, mais elle a refusé. Christian lui ordonnait de remettre dans la salle-de-bain les choses qu'elle avait prises. De son côté, elle lui a réclamé la clé de sa maison. Le ton est monté, plus que d'habitude, selon la voisine. Il lui a demandé si cette clé était destinée à son amant. Ce à quoi, elle aurait répondu oui.

Armé d'un pistolet calibre 22, Christian a chargé son arme et a tiré un coup de feu dans la nuque de son épouse. Colette Daully s'est écroulée sur le carrelage, entre le buffet et la table de la salle à manger. Elle est morte. Un premier voisin est arrivé pour empêcher Christian de se suicider. D'autres voisins sont ensuite arrivés, suivis de la famille et de la police.

Inculpé d'assassinat, en raison de la note qu'il avait rédigée dans un carnet, le vieil homme a été jugé par la cour d'assises. Assis dans une chaise roulante, oxygéné par une bonbonne en permanence, surveillé par deux infirmières, le septuagénaire a passé plus de temps à se plaindre de ses filles qu'à éprouver des remords.

Mercredi, il a été reconnu coupable d'assassinat. Jeudi, l'avocat général avait requis une peine de 21 ans de réclusion criminelle, retenant comme circonstance atténuante l'absence d'antécédent judiciaire. De son côté, la défense avait exposé d'autres circonstances atténuantes mais lors de sa dernière prise de parole, Christian Colpin a détruit la plaidoirie de son avocat en s'en prenant encore publiquement à ses filles, parties civiles au procès.

Les jurés, à qui Me Discepoli, avocat des parties civiles, avait demandé d'envoyer un signal fort à tous ces hommes qui sont violents avec les femmes, ont prononcé une peine de réclusion criminelle à perpétuité.