Les enquêteurs ont témoigné lundi devant la cour d'assises du Hainaut dans le cadre du procès de Christian Colpin, 75 ans, accusé d'avoir assassiné son épouse Colette Daully à Mons, le 30 juillet 2018. Selon leurs investigations, Colette Daully a vécu un véritable calvaire avec M. Colpin. Ce dernier aurait également abusé sexuellement de ses filles.

Les faits remontent au 30 juillet 2018. Christian Colpin, qui soupçonnait son épouse d'avoir un amant, est accusé d'avoir tué la victime d'une balle dans la nuque au numéro 27 de la rue de la Prévoyance, dans le centre de Mons. Retrouvée à terre, Colette Daully, 69 ans, a été tuée d'un coup de feu tiré à bout portant. A leur arrivée sur place, les policiers ont découvert Christian Colpin, l'époux de la victime, assis dans la canapé et en détresse respiratoire. L'homme a été emmené à l'hôpital avant d'être interpellé. 

L'arme du crime, un pistolet FN calibre 22, a été retrouvée sur la table de la salle-à-manger, enveloppée dans un mouchoir. La police judiciaire a également retrouvé quelques mots écrits dans un carnet rouge, le 21 juillet 2018, laissant penser que M. Colpin avait prévu de commettre un crime. Il avait rédigé: "de là où elle va elle ne fera plus de mal à personne elle en a déjà fait assez, je suis triste d'en arriver là mais c'est ce qui reste comme solution autrement elle va continuer à détruire tous ceux qui l'entourent". 

Appelée pour enquêter sur un meurtre, la juge d'instruction Pamela Longfils a inculpé Christian Colpin d'assassinat, estimant que l'acte était prémédité. 

Les témoins, voisins et les trois enfants du couple ont été interrogés par la police. Certains estiment que Colette Daully n'était "pas une femme facile", qu'elle était une "mauvaise langue". D'autres se demandent pourquoi elle revenait chaque jour chez Christian, qu'elle avait pourtant quitté en novembre 2017. 

Selon les propos d'un témoin, entendus vingt ans plus tôt auprès de Mme Daully, les filles du couple auraient été victimes d'attouchements de la part de leur père. Qualifiant ce dernier d'homme "violent, égoïste et tyrannique", les enfants ont confirmé ces accusations et reproché à leur mère de ne pas les avoir protégées. 

Soupçonnant Mme Daully d'avoir eu des amants au cours de sa vie et au moment des faits, M. Colpin aurait agi par "jalousie". Aucune trace d'amant ne ressort cependant de l'enquête judiciaire, qui a simplement permis d'identifier un ami d'enfance et confident de la victime. 

M. Colpin aurait quant à lui eu au moins une maîtresse, lui qui prétend n'avoir jamais trompé son épouse. La femme en question a été interrogée par la police. 

Le jour des faits, le couple s'était disputé car M. Colpin aurait refusé de donner la clé de leur maison, située à Jemappes, à son épouse. Il la soupçonnait de confier la clé à son amant. Elle lui aurait répondu qu'elle avait effectivement un autre homme dans sa vie, ce qui aurait mis l'accusé dans une colère noire et précipité le geste fatal. 

Christian Colpin a contesté lundi l'intention d'homicide et a évoqué une vie de famille sans aucun problème.