Le jury de la cour d'assises du Hainaut est entré en délibération, lundi matin, pour débattre de la culpabilité d'Alain Brondelet, accusé d'un vol avec circonstance aggravante de meurtre commis à Mons, le 10 avril 2019. Si l'accusé ne conteste pas avoir porté des coups à Patrick Candaten, il conteste l'intention d'homicide. Vendredi, les avocats de l'accusé avaient soutenu la thèse des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, estimant que le vol n'était pas le mobile d'Alain Brondelet, même si Patrick Candaten lui devait de l'argent. "Il y a un vol, il y a un homicide involontaire, mais ils ne sont pas liés", avait déclaré Me Berger.

Les deux hommes occupaient un immeuble situé le long de la Petite Boucherie à Mons, un bâtiment dont la Ville avait sollicité des travaux urgents auprès du propriétaire. Patrick Candaten avait conclu un accord avec ce dernier. Il effectuait des travaux et le propriétaire lui donnait de l'argent en fin de semaine. Patrick Candaten avait "engagé" Alain Brondelet et ce dernier avait embauché son neveu et un ami de ce dernier, le jour des faits. Ils attendaient tous d'être payés par la victime mais ce dernier ne semblait pas pressé.

Le 10 avril 2019, des témoins ont expliqué qu'il y avait une certaine tension dans l'immeuble. Patrick Candaten ne travaillait pas, notamment en raison d'une blessure à la cheville, et buvait beaucoup. Alain Brondelet a bu aussi une dizaine de bières fortes. Vers 17h30, il s'est énervé et a frappé Patrick Candaten. La scène fut d'une extrême violence. Alain Brondelet a été arrêté le lendemain, lors de son retour à la rue de la Petite Boucherie.

Lundi, lors des répliques, l'avocat général a répété que l'intention d'homicide est établie, comme l'ont estimé d'autres magistrats avant lui. "Il l'a laissé agoniser, sans appeler les secours. Il connaissait les conséquences de ses actes", a déclaré l'avocat général. Il ajoute que le vol reste la question principale de culpabilité, peu importe la chronologie des faits, et que le meurtre reste une circonstance aggravante. Me Berger, pour la défense, et les auditions des nombreux témoins, qui ont eu un contact avec l'accusé après les faits, démontrent qu'il n'était pas conscient d'avoir tué Patrick Candaten et qu'il n'avait pas l'intention de le tuer. 

L'accusé a lu une lettre qu'il a écrite en prison et a adressée au frère de la victime, partie civile. Il a présenté ses excuses, précisant qu'il était responsable de la mort mais qu'il n'avait pas voulu tuer Patrick Candaten. S'il a pris la fuite, c'était "pour ne pas envenimer les choses". L'arrêt sur la culpabilité est attendu dans la journée. Neuf questions sont posées aux jurés.