La cour d'assises du Hainaut a auditionné, mardi, des témoins qui ont connu Xavier Van Den Brandt, accusé de meurtre et de coups, et Véronique Quidouce, la victime. Il ressort des témoignages que Véronique était folle amoureuse de Xavier au point d'être jalouse maladive alors que lui cherchait à s'en débarrasser. Xavier Van Den Brandt et Véronique Quidouce se sont rencontrés dans un café. 

Ils fréquentaient d'ailleurs souvent les cafés de la région de Mons. Ils n'arrêtaient pas de se disputer et Véronique se montrait souvent violente. "Xavier a toujours été correct, sauf quand il buvait. Il était menteur permanent. Elle était toujours méchante avec lui. Une fois, on l'a mis dehors. Elle prenait son GSM et le tapait avec son sac, au sang. Quand elle était bien, c'était une brave femme. Quand elle avait bu, c'était l'horreur. Il se laissait faire, je lui ai dit que c'était une poule mouillée", raconte une serveuse de la buvette des Tiètes de Pipes à Nimy.

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Selon ses proches, l'ancienne prostituée était amoureuse de Xavier, un homme qui n'a jamais réussi à rester bien longtemps avec une femme. Beau-parleur, il arrivait à les charmer mais ses mensonges incitaient souvent ses femmes à se séparer de lui. Une ancienne compagne, d'il y a trente ans, se souvient de ses mensonges. "J'ai dû me faire aider de la commune pour le faire partir à cause des huissiers. Il mentait tellement qu'il ne faisait plus la différence".

Xavier avait repris un café sur la place de Chièvres, l'Eddy-Fice, mais l'affaire ne semblait pas partie sur de bons rails. Véronique s'est impliquée dans l'affaire, au grand désarroi du personnel et de certains clients. "C'était un couple explosif, elle le frappait, lui jetait des objets à la tête. Il buvait quatre ou cinq bières, elle sa bouteille de vin blanc qui, un jour, s'est éclatée contre le mur", raconte un client.

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Selon un serveur, les clients criaient "Alerte générale" quand elle débarquait dans le café. Il en a vu des choses dans ce café où Véronique donnait l'impression d'être la patronne et Xavier le pantin. Elle partait dans des crises de jalousie quand il parlait trop à des clients. "Elle le surveillait en dormant dans sa voiture. Elle l'a vu remercier le peintre et elle a fait scandale et il s'est réfugié chez un client. Elle disait que Xavier était l'homme de sa vie mais lui n'en voulait plus".

Sous l'effet de l'alcool, Xavier proférait des menaces de mort contre celle qui était amoureuse de lui. "La relation avec Xavier était chaotique. Lui buvait, elle m'appelait en pleurs. Je lui disais de le quitter mais elle ne voulait pas, elle l'aimait. Quand il ne buvait pas, il était bien me disait-elle", a déclaré l'une des sœurs de Véronique.

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La dernière dispute a éclaté car Xavier avait imaginé passer les fêtes de fin d'années avec une autre femme. Selon des témoins, il semblait plus à l'aise avec ses clientes après la disparition de Véronique à la fin du mois de décembre. Il semblait aussi stressé en entendant les sirènes de police. Pour les proches de Véronique, le comportement de Xavier après le meurtre est écœurant. "S'il l'avait aimé, il ne l'aurait pas jeté comme un sac poubelle dans l'eau. C'est ce qu'il a fait après qui choque", a déclaré sa sœur.

Fabien, le cousin de Véronique qui a été condamné aux assises du Brabant wallon en 1993 pour vol et coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, a fait quelques arnaques avec sa cousine dans les années 1980. Il dépouillait les hommes riches qu'elle séduisait. "Véronique n'était pas monstre. Lui, c'est un monstre ! Il faut 90 secondes pour étrangler quelqu'un. Et après, il l'a jeté dans un canal", peste le jeune homme, venu témoigner alors qu'il a annoncé avoir été testé positif au coronavirus. La cour a pris toutes les précautions pour l'auditionner, alors qu'il avait annoncé qu'il ne viendrait pas. A noter que lors de son témoignage, il a frôlé l'outrage à magistrat à plusieurs reprises.

Les derniers témoins sont attendus mercredi, avant les plaidoiries.