Une peine comprise entre 20 et 25 ans de réclusion criminelle a été requise, jeudi, par l'avocat général contre Xavier Van Den Brandt, reconnu coupable par le jury de la cour d'assises du Hainaut de l'assassinat de Véronique Quidouce, commis le 27 décembre 2018 à Mons. Le magistrat du parquet a retenu quelques circonstances atténuantes. L'avocat général est revenu sur les faits qui sont d'une extrême gravité. "Il a agi avec une détermination qui a abouti au décès de la victime, dans la durée. Il aurait pu s'arrêter, comme en janvier, mais il ne l'a pas fait. Il aurait pu la quitter et ne plus revenir chez elle."

Le magistrat estime, cependant, que la victime n'était pas un cadeau : toxicomane, colérique, dépensière, extravertie, jalouse, possessive, etc. "Mais elle ne méritait pas cela", insiste l'avocat général. L'assassin, quant à lui, a été qualifié de manipulateur et surtout de menteur, au point d'inventer la mort de son propre fils. Plusieurs témoins ont raconté à la cour les nombreux mensonges dont fut auteur Xavier Van Den Brandt. Ces anciennes compagnes ne l'ont pas épargné mais l'accusation ne considère pas cela comme une vengeance.

"Il avait tout pour réussir, une famille honorable, un capital honorable. Il était obsédé par le paraître et s'est mis lui-même dans des conditions difficiles", poursuit l'honorable magistrat, qui dispose de peu d'éléments pour retenir une circonstance atténuante, à part peut-être l'absence d'antécédents judiciaires ou la relation toxique entre eux. "C'est vrai qu'il n'a pas dû être facile d'être frappé dans son café par une femme qui était très difficile à vivre."

Xavier Van Den Brandt a été reconnu coupable d'avoir assassiné Véronique Quidouce, dans un arrêt rendu par le jury de la cour d'assises du Hainaut jeudi midi. Le 27 décembre 2018, il avait tué Véronique Quidouce en l'étranglant dans son appartement de la place des Alliés à Mons. Jeudi, il a aussi été reconnu coupable de coups portés à la victime en janvier 2018. Pour les jurés, le crime a été prémédité.

La défense de Xavier Van Den Brandt plaide des circonstances atténuantes

Dans la foulée, la défense estime que la peine requise par l'accusation n'est pas scandaleuse compte tenu de la gravité des faits. La défense de Xavier Van Den Brandt a plaidé, jeudi, des circonstances atténuantes en faveur de celui qui a été reconnu coupable d'assassinat par le jury de la cour d'assises du Hainaut. Me Van Malleghem avoue qu'il a parfois eu du mal à comprendre son client lors de la procédure. "J'ai parfois eu l'impression, à travers ses déclarations, qu'il avait du mal à se défendre lui-même. Il disait des choses contraires aux éléments mais parfois il a aussi raconté des choses sans aucun intérêt."

L'avocat a essayé de comprendre son client par son parcours de vie. "Son père était une personne qui comptait dans la région de Mons, sa maman était une bonne mère, sa sœur est pharmacienne. Ce sont des gens bien. Et il y avait lui qui, dès l'enfance, a manifesté une forme de complexe d'infériorité." Pour la défense, le jury doit tenir compte de la relation toxique entre Xavier et Véronique. "Ces deux-là n'auraient jamais dû vivre ensemble." Enfin, les experts estiment que le risque de récidive est faible. "Quant à son fils, il est revenu vers lui et il lui a tendu la main."

Le collège doit désormais délibérer sur la peine.