Me Laura Danneau et Me Henry Van Malleghem ont contesté, mercredi, la circonstance aggravante de préméditation retenue par l'avocat général. Ils ne contestent cependant pas le meurtre. Selon eux, Xavier Van Den Brandt a eu l'intention de tuer Véronique Quidouce lors de leur ultime dispute, le 27 décembre 2018. Le corps sans vie de la victime a été retrouvé dans une rivière près de Mons, le 21 février 2019. Me Danneau a rappelé aux jurés que la thèse de l'assassinat n'avait jamais été retenue lors de la procédure, alors que la question de la préméditation a été posée par l'avocat général, mercredi après-midi dans son réquisitoire. "Pendant deux ans, le parquet général n'a pas retenu cette circonstance aggravante, ce qui démontre la faiblesse des arguments de l'accusation", a déclaré l'avocate en début de plaidoirie. Me Danneau a demandé aux jurés de se baser sur les éléments objectifs qui ressortent des débats et elle ne conteste ni le meurtre, ni les coups.

Me Henry Van Malleghem est sur la même longueur d'ondes que sa consœur. "Il serait de mauvaise foi de contester le meurtre", a-t-il déclaré. Il conteste cependant le fait que son client aurait seulement été intéressé par l'argent de la victime, comme l'a déclaré l'avocat général.

"Il faut lire complètement l'analyse des comptes bancaires de la victime. Elle a reçu sept versements, d'un tiers, entre le 4 et le 18 septembre, pour une somme de 35.000 euros. Le 17 décembre, il restait onze centimes. On apprend sur l'analyse des comptes bancaires que le 14 octobre, son compte est négatif. Le 3 décembre, il est encore négatif après avoir été renfloué. Si mon client avait pris la résolution de la tuer car elle n'avait plus d'argent, pourquoi a-t-il attendu le 27 décembre ? La thèse de l'accusation avec le mobile financier n'a aucun sens".

L'avocat est revenu sur les déclarations des témoins qui ont entendu l'accusé dire qu'il allait tuer Véronique. Ces gens-là avaient mis ces déclarations sur le compte de l'ivresse. "Les disputes entre mon client et la victime étaient quasi quotidiennes. S'il faut soutenir la thèse du parquet, on se demande pourquoi il a attendu la fin du mois de décembre pour mettre à exécution son dessein criminel", insiste l'avocat, qui estime que la théorie de la préméditation conditionnée ne peut pas être retenue.

Le crime a eu lieu le 27 décembre 2018 dans l'appartement de la victime, situé sur la place des Alliés à Mons. Pour la défense, un crime prémédité aurait eu lieu dans un endroit plus isolé qu'un appartement où les murs ne sont pas très épais. "Le dossier ne révèle pas le moindre acte préparatoire", ajoute Me Van Malleghem.

La défense a demandé au jury d'analyser la dynamique de ce couple, qui n'arrêtait pas de se disputer. "Lorsqu'il a pris le dessus, il n'a pas mis fin à ce à quoi il aurait dû mettre fin" conclut l'avocat, qui a constaté que même la partie civile n'avait pas retenu la circonstance aggravante de préméditation.

L'audience a été suspendue en raison d'une panne électrique qui a paralysé le système informatique de la cour, laquelle a aussi pris en compte les mesures liées au Covid.

Jeudi, avant l'envoi du jury en délibération, la parole sera donnée à l'accusé. Ce dernier devra répondre à quatre questions: le meurtre, la préméditation, les coups avec la circonstance que l'accusé et la victime ont entretenu une relation sexuelle et affective. Le débat sur la peine aura lieu dans la foulée.