Marc De Brackeleer, avocat général à la cour d'assises du Hainaut, a requis mercredi la culpabilité de Xavier Van Den Brandt pour l'assassinat de Véronique Quidouce. L'avocat général estime que le crime était prémédité alors que cette circonstance aggravante n'a jamais été retenue jusqu'ici. Pour le magistrat du ministère public, la prévention des coups du mois de janvier 2018 est établie sans aucun doute. Le 17 janvier, Véronique Quidouce avait déposé une plainte contre Xavier Van Den Brandt à la police de Mons-Quévy, certificat médical à l'appui. Ce dernier mentionnait plusieurs hématomes sur le corps, au visage et une trace de strangulation. L'accusé n'a pas contesté les faits. Pour l'ultime scène de couple, mortelle, qui a eu lieu le 27 décembre 2018, l'accusation ne dispose que du récit de l'accusé, décrit comme menteur mais en aveux des faits.

L'intention d'homicide est établie par le geste, seule cause de la mort relevée par les médecins légistes, et par les déclarations d'au moins trois témoins qui ont déclaré que Xavier Van Den Brandt avait annoncé qu'il allait tuer Véronique Quidouce. L'avocat général a mimé la scène du crime qui, selon l'accusé, a duré une bonne minute. "Pendant tout ce temps, il a poursuivi consciemment son action jusque mort s'en suive."

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En janvier 2018, l'accusé a réalisé que Véronique perdait connaissance et il lui a fait du bouche-à-bouche. Même chose en décembre sauf qu'il n'a rien tenté pour la sauver. "Au contraire, il est allé jusqu'au bout de son action et il a agi par la suite avec un certain sang-froid, emportant ses effets personnels et le chien de la victime dont il s'est débarrassé pour ne pas dire à la personne qu'il appelle Tatie, ce qu'il avait fait car il lui avait dit, deux jours plus tôt, qu'il avait rompu avec Véronique."

Responsable de ses actes, l'accusé était donc animé de l'intention d'homicide selon l'accusation qui pose la question de la préméditation, non retenue jusqu'ici lors de la procédure. "Celui qui a été décrit comme une poule mouillée peut aussi faire preuve de violence et se montrer agressif. Elle pouvait se montrer jalouse, excessive et violente également. Il voulait la quitter et il la comparait à une moule accrochée sur son rocher. Cependant, s'il n'était pas accroché à elle, il l'était envers son compte en banque car elle venait de recevoir 35.000 euros en septembre. En décembre, il ne restait que onze centimes sur son compte. Elle ne l'intéressait plus du tout alors."

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L'accusation note que l'accusé a annoncé son geste et la façon dont il allait le commettre. "Des témoins rapportent qu'il a annoncé qu'il allait la tuer. Ce n'étaient pas des paroles d'ivrogne car il a aussi dit à un autre témoin qu'il l'étoufferait et qu'il la mettrait au canal. Ce témoin a dit: non d'un chien, il l'a fait comme il l'a dit". Pour l'accusation, l'accusé est passé à l'acte comme il l'avait prémédité. L'avocat général relève l'élément déclencheur dans une lettre écrite par l'accusé à son fils. Il a annoncé sa volonté de rompre à Véronique, elle l'a frappé et lui a craché dans la figure.

Le 27 décembre 2018, une violente dispute a éclaté au sein du couple, qui ne vivait pas ensemble, dans l'appartement de la victime situé sur la place des Alliés à Mons. Véronique Quidouce est morte par strangulation comme l'ont déclaré, lundi, les médecins légistes. Le 9 janvier 2019, l'accusé est retourné dans l'appartement et s'est débarrassé du corps en le balançant dans une rivière non loin de la barrière de Spiennes, un endroit qu'il connaissait bien. Rapidement suspecté, Xavier Van Den Brandt a été privé de liberté le 21 février 2019 et placé sous mandat d'arrêt le lendemain. Il est en aveux mais prétend qu'il s'est défendu car Véronique Quidouce menaçait de le frapper avec un marteau.