La cour d'assises du Hainaut a auditionné, lundi après-midi, le juge d'instruction et les policiers qui ont enquêté sur la disparition de Véronique Quidouce, puis sur son meurtre. Très vite, les soupçons se sont portés sur Xavier Van Den Brandt, le dernier compagnon de la victime. L'homme est accusé du meurtre de Véronique Quidouce commis à Mons le 27 décembre 2018, et de coups portés à cette femme le 16 janvier 2018.

Le 12 février 2019, la juge d'instruction Pamela Longfils est saisie d'une enquête pour détention arbitraire à la suite de plaintes déposées par les sœurs de Véronique Quidouce, portée disparue depuis la fin du mois de décembre. "On gardait l'espoir de la retrouver vivante", a confié la juge devant la cour d'assises, lundi. Le magistrat instructeur a ordonné des devoirs d'enquête : téléphonie, analyse de l'utilisation des cartes bancaires et descente du laboratoire dans l'appartement de la place des Alliés à Mons, où vivait Véronique.

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Dans l'appartement situé au rez-de-chaussée, il y a du désordre mais, ce qui étonne les enquêteurs, c'est l'absence de couvertures ou d'une couette sur le lit de la victime, alors que nous sommes en hiver et que la température ne dépasse pas deux degrés dehors. Véronique n'est pas là, elle ne répond plus au téléphone depuis le 27 décembre. Quant à sa voiture, d'habitude stationnée devant l'appartement, elle est garée à trois cents mètres de là et le siège conducteur n'est pas adapté à la taille de sa propriétaire.

Très vite, dans les cafés fréquentés par le couple, le nom de Xavier Van Den Brandt circule. Certains l'auraient même entendu dire qu'il voulait tuer Véronique, en l'étouffant avant de la jeter à l'eau, ou qu'il l'avait tuée. Trois jours plus tard, le procureur du roi change l'orientation de l'enquête, parlant d'un homicide commis par Xavier Van Den Brandt, lequel a inséré sa carte SIM dans le téléphone de la disparue, dès le 2 janvier. De plus, le 27 décembre, le chien de Véronique a été retrouvé en bon état à Montignies-lez-Lens, là où vivait Xavier.

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Le 20 février, ce dernier appelle le numéro 0800 paru dans la presse pour avis de recherche. Il raconte qu'il a mis fin à sa relation avec Véronique car elle avait de nombreux problèmes avec des dealers du Brabant wallon et qu'il en a marre qu'elle lui réclame des sous alors que l'enquête a démontré que c'était plutôt elle qui avait injecté de l'argent dans le café tenu par Xavier sur la place de Chièvres. "Il a clairement voulu nous mettre sur une autre piste et nous mener en bateau", a estimé le juge d'instruction.

Le 21 février, le suspect numéro un est interpellé par la police à 7h50 à Montignies-lez-Lens, où il vit avec une autre femme. Il passe aux aveux à la police judiciaire après avoir été placé face à ses contradictions. Le corps de Véronique est retrouvé dans la rivière Wampe à Spiennes, à hauteur du pont de la rue du Point du jour, à 15h30. "Un endroit qu'il connait bien car la mère de son fils vit là-bas", a pointé un enquêteur devant la cour. Le 22 février, Xavier Van Den Brandt est placé sous mandat d'arrêt pour meurtre par la juge d'instruction.

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Devant la cour, l'accusé a tenu la même version, à quelques contradictions près, relevées par les avocats des parties civiles. Il dit avoir réagi en état de légitime défense face à une furie armée d'un marteau, lequel a été retrouvé derrière des casseroles, "presque caché alors que le reste de l'appartement est resté en état", a relevé un policier.