Xavier Van Den Brandt, qui est accusé du meurtre et de coups portés à Véronique Quidouce, sa compagne, a été interrogé par le président de la cour d'assises du Hainaut lundi matin. Il n'a pas contesté les faits, commis à Mons le 27 décembre 2018, mais il a déclaré qu'il n'avait pas voulu en arriver là. Le quinquagénaire, dont certains de ses proches ont déjà annoncé leur refus de témoigner en raison de brouilles avec lui, a raconté sa jeunesse et ses études "qui n'ont pas été sérieuses". Il a préféré suivre les traces de son père dans les arts plastiques, sans toutefois jamais terminer sa formation. Néanmoins, il a trouvé rapidement un travail dans la publicité avant de tenir une herboristerie à Hyon "mais ce commerce tenait sur une jambe".

Après la boutique d'herboriste, il s'est lancé dans la gestion d'un bar sur la place du Marché aux herbes mais l'affaire n'a pas fonctionné. Il a alors été engagé dans l'entreprise de pompes funèbres Borgno comme intérimaire, où il a appris à préparer les défunts avant leur dernier voyage. Celui qui s'est débarrassé du corps de Véronique Quidouce, plus de dix jours après l'avoir étranglée chez elle, déclare ne pas avoir appris de technique spéciale.

Véronique Quidouce avait déposé une plainte à la police, pour coups, en janvier 2018, contre l'accusé. Selon ce dernier, Véronique était persuadée qu'il la trompait, ce qu'il conteste. Il ne réfute par contre pas la bagarre. "Je l'ai bousculée. Je l'ai attrapée au cou mais je n'ai pas serré et je ne l'ai pas frappée", dit-il. Le certificat mentionne pourtant de nombreux hématomes et des rougeurs.

Le 27 décembre 2018, vers 17h, une ultime dispute éclate au sein du couple. "Je lui ai annoncé que je partais et que je ne reviendrais plus. C'est parti en vrille. Elle ne voulait pas que je parte, elle est devenue agressive et violente avec un bottillon et une raclette. Je l'ai poussée et elle est tombée. Elle s'est relevée et m'a menacé avec un marteau. Je me suis défendu et elle est tombée. Je l'ai serrée au cou, une dizaine de secondes. J'ai arrêté quand j'ai senti qu'elle avait moins de force. J'étais paniqué et stressé. Je suis parti et le chien m'a suivi". Le chien a été retrouvé à Lens le 27 décembre en soirée.

L'accusé est revenu dans l'appartement de la place des Alliés à Mons, le 9 janvier 2019. "Je l'ai mise dans l'auto et je suis allé à Spiennes pour la jeter dans la rivière". Il prétend ne pas avoir reconnu les lieux, deux jours plus tôt. Alors que l'accusation se demande pourquoi avoir attendu autant de temps, l'accusé répond qu'il était incapable de prendre la moindre décision et qu'il n'avait pas eu le courage de prévenir les autorités. Enfin, l'accusé ne sait pas comment il en est arrivé là. "Je n'ai pas voulu cette finalité", conclut-il.