La cour d'assises du Hainaut a auditionné, mardi, quatre psychologues et psychiatres qui ont rencontré Xavier Van Den Brandt en prison afin de déceler un éventuel trouble mental. Ils n'en ont rencontré aucun. Celui qui est accusé d'avoir tué sa compagne Véronique Quidouce en décembre 2018 à Mons est capable de contrôler ses actes et est donc responsable. L'accusé ne présente aucun problème majeur au niveau intellectuel. Un trouble de l'adaptation avec humeur dépressive a par contre été mis en évidence. "Extraverti, séducteur, superficiel, l'accusé a aussi besoin d'être aimé", a déclaré le psychologue, qui a observé une fragilité narcissique.

Des éléments mythomaniaques ont aussi été relevés chez celui qui soutient avoir été champion de Belgique de voile et qui a inventé la mort accidentelle de son fils. Mais "nous n'atteignons pas le critère du mensonge pathologique dans le cas présent", a répondu un expert à la question d'un juré, qui demandait s'il s'agissait d'une maladie. Aucun élément impulsif n'a été mis en évidence de manière habituelle chez l'accusé, ce qui "n'empêche pas un passage à l'acte face à une difficulté".

Un psychiatre a vu Xavier Van Den Brandt à quatre reprises et relève que son discours varie, tout en restant cohérent. Un autre expert observe que ses propos étaient plus cohérents en fin de procédure. "Il a expliqué qu'il ne voulait pas en arriver là et qu'il avait des sentiments pour la victime, qui lui manquait."

Le 27 décembre 2018, une violente dispute a éclaté au sein du couple, qui ne vivait pas ensemble, dans l'appartement de la victime situé sur la place des Alliés à Mons. Véronique Quidouce est morte par strangulation comme l'ont déclaré, lundi, les médecins légistes. Le 9 janvier 2019, l'accusé est retourné dans l'appartement et s'est débarrassé du corps en le jetant dans une rivière non loin de la barrière de Spiennes, un endroit qu'il connaissait bien. Rapidement suspecté, Xavier Van Den Brandt a été privé de liberté le 21 février 2019 et placé sous mandat d'arrêt le lendemain. Il est en aveux mais prétend qu'il s'est défendu car Véronique Quidouce menaçait de le frapper avec un marteau.

La victime avait consommé de la cocaïne

Selon le toxicologue, Véronique Quidouce avait consommé de la cocaïne au moins huit heures avant sa mort. Son ADN et celui de l'accusé ont été retrouvés sur le manche d'un marteau avec lequel la victime aurait menacé l'accusé. Le juge d'instruction a désigné un toxicologue pour analyser des échantillons relevés sur la victime. Celle-ci avait consommé de la cocaïne moins de huit heures avant sa mort, ainsi qu'un antidépresseur et d'autres médicaments. Pour les experts, il est possible que la victime ait pu consommer de l'alcool mais comme le corps a été retrouvé dans l'eau, le 21 février 2019 et immergé dans la rivière le 9 janvier, c'est difficile à établir.

L'expert ajoute que la consommation de cocaïne entraîne un sentiment d'euphorie, d'excitation, suivi d'une période de dépression. "On peut montrer dans certains cas une forme d'agressivité, notamment quand c'est associé à une consommation d'alcool", précise l'expert.

Un autre expert a analysé le marteau avec lequel la victime aurait menacé l'accusé lors de la rixe mortelle du 27 décembre. Sur le manche, l'empreinte génétique de Véronique Quidouce est majoritaire mais il y a aussi une correspondance avec l'empreinte génétique de l'accusé, d'une probabilité de 1.500 par rapport à une correspondance avec n'importe quel citoyen. "C'est un soutien modéré à ce mélange de profil génétique", dit-il. Cependant, il est impossible de dater un ADN et de déterminer à quel moment son empreinte génétique est arrivée sur ce marteau.