La scan car, c’est le Big Brother du stationnement. Ce véhicule équipé de caméras sur le toit prend en photo les véhicules stationnés afin de contrôler si ceux-ci ont bien payé leur redevance. Cette arme de contraventions massives, qui effectue en moyenne 1 200 contrôles par heure (un agent en effectue 50), est déjà utilisée dans des villes comme Bruxelles, Anvers, Charleroi, Liège, La Louvière...

Bientôt, Mons aura la sienne : les conditions de marché public de 800 000 € (34 000 € le véhicule et 765 000 € d’équipements) viennent d’être soumises au conseil communal. Ce qui fait bondir le PTB. “Ce prix d’achat est particulièrement élevé. À titre de comparaison à Bruxelles, on a acheté deux scan cars pour 300 000 €. Ici, c’est une pour 800 000 €”, s’interroge le conseiller communal John Beugnies.

Au-delà du prix astronomique, d’autres questions sont soulevées par l’opposition tant PTB que Mons en Mieux. Le véhicule ne fait pas la différence entre un simple arrêt et le stationnement. La scan car peut aussi passer dans le laps de temps où l’automobiliste va chercher son ticket de parking à l’horodateur.

"Machine à cash"

Cette machine, que le conseiller communal Florent Dufrasne (MeM) qualifie de "machine à cash", ne détecte pas non plus si une personne attend à bord du véhicule arrêté. Dans ce cas, "la taxation ne peut pas s'imposer à vous", poursuit Georges-Louis Bouchez (MeM). Mais difficile de se défendre quand on reçoit la contravention des jours, voir des semaines après. "Dire qu'on était au volant de sa voiture, c'est improuvable."

Autre problème de taille pour les PMR: les scan car ne voient pas les vignettes de dérogation sur le pare-brise. John Beugnies souligne que "une carte PMR n'est pas liée à une plaque de véhicule, mais à une personne. Que se passe-t-il si la personne handicapée emprunte un autre véhicule?" Et de regretter également une déshumanisation de la procédure de contrôle du stationnement, qui pourrait décourager les gens de venir en ville.

Lutter contre les voitures-ventouses

Maxime Pourtois, échevin du stationnement, réfute l'appellation "machine à cash". "C'est un outil dissuasif, pas répressif. Dès qu'on respecte les règles, on n'est pas concerné par ces éléments." Selon lui, cet outil s'inscrit dans le cadre du Plan Communal de Mobilité qui veut favoriser le stationnement de courte durée dans l'hypercentre et repousser le stationnement longue durée en périphérie. Une mesure qui doit aider le commerce du centre-ville.

"Aux yeux du collège et des commerçants, ce qui tue le commerce en centre-ville, ce sont les voitures ventouses. A Mons, il n'y a pas de problème de places de stationnement, mais d'utilisation. Aujourd'hui, la majorité des gens rentrent en ville avant l'ouverture des commerces et s'y stationnent pour la journée. Ceux qui viennent ensuite pour consommer ont du mal à trouver une place."

Un argument qui n'a pas convaincu le PTB, et qui s'attend à ce que les problèmes survenus dans les autres villes où la scan car est d'usage se produisent également à Mons.