Mons Le syndicat dénonce le dumping social et la concurrence déloyale.

Une vingtaine de membres de la FGTB se sont rassemblés ce vendredi matin devant le chantier du Primark de Mons. Les syndicalistes ont distribué des tracts aux passants et aux automobilistes pour tenter de sensibiliser la population à la concurrence déloyale et au dumping social. "C'est une action que la FGTB mène dans tout le pays aujourd'hui", précise Lionel Quebella, secrétaire FGTB Mons-Borinage.

Les syndicalistes n'ont pas choisi le chantier du Primark comme lieu d'expression par hasard. "Nous ne voulons pas que des travailleurs détachés venus d'ailleurs dans l'Union européenne arrivent ici en pratiquant des conditions salariales beaucoup plus basses. Ce sont aussi des entreprises qui ne respectent pas les règles sectorielles tant au niveau de la durée du travail qu’au niveau des normes de sécurité, des conditions de bien-être. C'est une très bonne chose que Primark revitalise le centre-ville et crée de l'emploi mais nous voulons que ça soit aussi de l'emploi local et qui cotise à la sécurité sociale belge pour la construction du bâtiment."

Les demandes de la FGTB sont donc simples. "Nous voulons que les pouvoirs publics respectent les nouvelles règles en matière d’attribution de marchés publics, ce qui permet de lutter contre le dumping social", insiste Lionel Quebella. "Nous exigeons également que les travailleurs détachés reçoivent le salaire prévu par le secteur de la Construction, que la durée du travail soit respectée, qu’ils soient logés dans de bonnes conditions, qu’ils puissent travailler en toute sécurité."

Après avoir marqué leur coup de gueule devant le Primark, les syndicalistes se sont ensuite rendus vers les Ateliers de Tertre. "Nous avons choisi cet exemple-là mais nous aurions pu utiliser un autre. Le but est de dénoncer la pratique de la concurrence déloyale exercée par certaines entreprises de travail adapté. Nous sommes favorables au travail des personnes handicapées dans le but de l'insertion. Mais nous contestons l'utilisation de ces travailleurs pour concurrencer d'autres travailleurs dans des secteurs ou les salaires sont plus élevés."

"Certaines Entreprises de Travail Adapté (ETA) pratiquent les prix les plus bas du marché de l’emploi, grâce en partie aux subsides reçus de la Région wallonne, en bradant les prestations de leurs propres travailleurs face aux prix pratiqués dans les autres secteurs comme le nettoyage, la construction, les logements sociaux, la chimie, la céramique. Exemple : après avoir licencié une partie de son personnel via une faillite, l’entreprise BELREF fait maintenant prester plusieurs travailleurs porteurs d’un handicap, en les payant à très faible rémunération grâce à un contrat avec une ETA."